Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

ÉDITORIAL

César Birotteau 3.0

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Avec la fin des mesures exceptionnelles sur le plan des politiques monétaires conduites par les banques centrales, et afin de permettre la réduction des bilans des banques tout en maintenant leur capacité d’octroyer des crédits à l’économie, la résorption des non performing loans devient de plus en plus urgente. La création de structure de défaisance, et plus généralement le (re)développement d’un marché secondaire de la dette, constituent des moyens de faire face à ces enjeux. Les pouvoirs publics semblent s’attacher à favoriser des solutions en la matière, et appellent de leurs vœux les investisseurs à se (ré)emparer de ces marchés, tout en maintenant des exigences réglementaires prudentielles pour certaines contestées.
S’agissant de la dette des entreprises non financières, la possibilité d’attirer les investisseurs suppose qu’une attention particulière soit portée sur les mécanismes de traitement de l’insolvabilité, et les réformes engagées visent toutes à leur apporter davantage de sécurité et de lisibilité.
Les procédures d’insolvabilité touchant les groupes de sociétés - en particulier transfrontaliers - ont fait l’objet de nombreuses études ces dernières années, notamment au niveau de l’OCDE, puis de réformes visant à mettre en place des mécanismes jugés adaptés, notamment en UE, qui vient de refondre sa directive en matière d’insolvabilité, en mettant un accent particulier sur le traitement des groupes transfrontaliers. La Grande-Bretagne vient, quant à elle, de réformer ses procédures d’insolvabilité - accessibles d’ailleurs à des sociétés solvables - tandis que l’Allemagne a déjà conduit une réforme importante et que la France s’apprête à le faire. Dans tous les cas, les pays concernés entendent assurer par ces mesures la compétitivité de leur place économique et financière.
Mais le contexte mondial de développement de l’entreprenariat favorise plus particulièrement une recrudescence de « small business », et des chantiers autrefois délaissés pourraient s’ouvrir. Certains organismes mondiaux, et certains pays, semblent en effet s’intéresser plus particulièrement à ce segment des entreprises.
Ainsi, l’OCDE a récemment orienté son groupe de travail sur l’insolvabilité sur ces petites entreprises, tandis que le gouvernement fédéral américain poursuit, quant à lui, depuis quelques mois une réforme de son insolvency act, en mettant l’accent sur le traitement spécifique des small business.
Assistera-t-on un jour à l’émergence d’un marché secondaire de la dette des small business, et cette classe d’actifs regroupés dans des véhicules à constituer intègrera-t-elle les activités du M&A et du segment distress de demain ? Si tel devait être le cas, comment organiser l’analyse, la valorisation et le traitement des actifs de ces véhicules ? Quels seront les ressorts nécessaires à la maximisation de leur valeur ? Quels mécanismes de traitement des défaillances permettront de sécuriser les investisseurs quant aux rendements attendus ?
Si ces actifs pris isolément sont d’une valeur extrêmement faible, leur regroupement pourrait, en effet, aboutir à des valeurs significatives des véhicules, dans un contexte où les actifs à valeur individuelle importante sont en quantité limitée.
Ils suscitent depuis quelques mois l’intérêt croissant des pouvoirs publics. Qu’en sera-t-il de celui des investisseurs ?
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