Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

ÉDITORIAL

Avec ou sans Hermès…

par Marina Guerassimova
Rédactrice en chef, Fusions & Acquisitions Magazine

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En 2014, BNP Paribas a été le numéro 1 incontestable du classement sur les opérations de fusions-acquisitions finalisées impliquant au moins une société française (cible, acheteur ou cédant). L’écart avec le numéro 2 du Palmarès – la célèbre maison Lazard Frères – est de plus de 22 milliards d’euros.
Avec 58 opérations conseillées l’an dernier pour un montant total de près de 63 milliards d’euros, la banque de la rue d’Antin a été impliquée sur toutes les transactions majeures de l’année écoulée, et notamment sur le deal SFR/Numericable d’un montant de 16,9 milliards d’euros, le rachat par L’Oréal de ses propres actions auprès de Nestlé pour la coquette somme de 6,5 milliards d’euros, l’emblématique deal Hermès (6,43 milliards d’euros), la prise de contrôle de Maroc Telecom par Etisalat pour 4,2 milliards (53 % du capital), l’acquisition du britannique Invensys par Schneider Electric (3,9 milliards), Klepierre (126 centres commerciaux)/Carrefour (2,7 milliards)…
Sans surprise, les conseils financiers impliqués dans l’opération SFR/Numericable se trouvent en tête du classement. Ainsi, Morgan Stanley, conseil du côté Altice (holding de Patrick Drahi qui possède Numericable), est le numéro 4, derrière Rothschild, seule banque non impliquée dans le deal SFR parmi le Top 10. Barclays, numéro 5 du classement, est également conseil côté Altice, tout comme JPMorgan, le numéro 6 du classement. La Deutsche Bank, la Société Générale, Goldman Sachs et Bank of America Merrill Lynch (BAML), respectivement numéros 7, 8, 9 et 10, sont impliquées côté SFR.
Parmi les opérations marquantes de l’année, le deal Hermès mérite une attention particulière car il ne s’agit pas d’une opération de M&A classique. C’est un accord trouvé entre les actionnaires de LVMH et ceux de Hermès pour apaiser le conflit entre les deux groupes. Plus précisément, LVMH redistribue les actions Hermès qu’il détient parmi ses propres actionnaires (principalement Groupe Arnault et Dior). Doublée d’un pacte d’actionnaires, cette opération permet de mettre fin au conflit entre les actionnaires d’Hermès et de LVMH, qui s’était invité au capital de l’entreprise fondée en 1837 par Thierry Hermès comme une manufacture de harnais et de selles et contrôlée aujourd’hui encore par ses héritiers.
Cette opération représente une exception pour notre Classement car LVMH redistribue les titres Hermès qu’il détient à ses propres actionnaires. Vu l’importance et la complexité de cette opération, Fusions & Acquisitions Magazine a décidé de l’inclure dans la liste des principaux deals de l’année 2014. Elle permet aux trois banques impliquées – Bank of America Merrill Lynch, BNP Paribas et Rothschild – d’avoir un crédit supplémentaire de 6,43 milliards d’euros (pour 23 % du capital concernés). Mais BNP Paribas est le leader incontestable du Palmarès 2014, avec ou sans Hermès.
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