Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

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ODDO BHF, 1er groupe financier franco-allemand indépendant, exemple d’une fusion parfaite pour ses clients

Entretien avec Sandrine Richard,
Managing Director,
ODDO BHF Corporates & Markets

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En mars 2016, ODDO & Cie finalisait l’acquisition de BHF Bank, la troisième acquisition du groupe en l’espace de 18 mois (après celle de Close Brother Seydler et de Meriten Investment Management), constituant ainsi un groupe financier franco-allemand indépendant de 2.300 salariés dont 1.300 en Allemagne. Difficile à croire, alors qu’en 2014 le groupe ne comptait que 10 collaborateurs outre-Rhin où il disposait d’un bureau de représentation en gestion d’actifs.
BHF est surtout une marque historique synonyme d’excellence dans la gestion privée.  Le nom BHF date de la fusion entre la Berliner Handels-Gesellschaft et la Frankfurter Bank en janvier 1970 mais leurs activités remontent au 19ème siècle puisqu’elles ont été créées respectivement en 1856 et en 1854. BHF-Bank est également inscrite dans le paysage de Francfort puisque la célèbre tour construite en 1970 par l’architecte Sep Ruf était à l’époque le plus grand bâtiment de Francfort et a reçu de nombreux prix architecturaux.
BHF est une banque très connue en Allemagne. « Les Allemands sont très attachés à leurs banques… BHF a compté parmi les grandes banques de financement à l’export du Mittelstand allemand. La plupart des entreprises allemandes ont eu une ligne avec la BHF... car il ne faut pas oublier que l’export est l’un des grands succès de l’industrie allemande. BHF a accompagné de nombreuses PME allemandes avant qu’elles ne se transforment en grands groupes et elles s’en souviennent », commente Sandrine Richard, Managing Director chez ODDO BHF Corporates & Markets.
Le métier de prêt bancaire est devenu moins stratégique au fur et à mesure des rachats successifs de la BHF mais  la banque continue à faire du prêt à l’export de façon sélective, sur certaines géographies.
Elle a en parallèle développé son activité leveraged financing dans le cadre des acquisitions. ODDO BHF a ainsi récemment annoncé le recrutement de Marcus Geiger en tant que responsable de la dette privée, tant sur la France que sur l’Allemagne.
« ODDO a fait de l’axe franco-allemand son histoire, ce qui valorise davantage les équipes. BHF est devenue indispensable à l’histoire de ce groupe. L’équipe allemande est aujourd’hui un élément essentiel à la géométrie d’ODDO BHF », souligne Sandrine Richard.
ODDO BHF affiche près de 100 milliards d’encours sous gestion à travers ses métiers d’asset management et de private wealth management en France et en Allemagne. « Toute l’équipe de banquiers privés a fait preuve d’une grande stabilité. Leurs clients leurs sont restés fidèles. Ce sont des grands noms de l’industrie allemande », rappelle notre interlocutrice.
Dirigé par Philippe Oddo, Oddo BHF est aujourd’hui le 1er groupe financier franco-allemand indépendant. Il intervient dans gestion d’actifs, la banque privée et l’activité de banque de financement et d’investissement.
« Avec l’acquisition de BHF, le groupe est devenu au moinsaussi allemand que français », estime Sandrine Richard, qui a rejoint ODDO BHF en mai 2018. Après avoir fait ses études à Berlin, elle commence sa carrière dans une structure dédiée à l’accompagnement des investisseurs français et britanniques lors des privatisations en Allemagne. « Ces privatisations ont donné un élan à ce qui allait devenir l’ouverture du marché allemand aux investisseurs étrangers. A l’époque, beaucoup d’investisseurs non allemands sont arrivés pour profiter de ce type d’opportunités en Allemagne. C’était également le moment fondateur pour la structuration du marché du M&A en Allemagne. De nombreux métiers de conseil se sont alors professionnalisés », se souvient notre interlocutrice qui avait rejoint ODDO BHF après avoir travaillé pendant 10 ans en tant que partner de Close Brothers à Francfort, puis pour Daiwa, repreneur du réseau M&A / debt advisory de Close Brothers.
Forte de 20 années d’expérience de travail en Allemagne, Sandrine Richard, tout comme les autres professionnels chez ODDO BHF, partage son temps entre la France et l’Allemagne. « C’était une belle opportunité que de rejoindre une plate-forme franco-allemande qui, de surcroit, m’offre la possibilité d’intervenir non seulement dans le M&A mais aussi dans l’ECM », explique Sandrine Richard.
« Les Allemands sont très friands de notre histoire. ODDO BHF reste un groupe familial, ce qui séduit les grands entrepreneurs allemands parmi lesquels un grand nombre contrôle le capital de leurs entreprises, même si elles sont cotées. Les Allemands sont très réceptifs à l’histoire de la famille Oddo qui a décidé de façon structurée de faire de leur groupe un acteur franco-allemand », souligne Sandrine Richard. « Lorsqu’on me demande de donner un exemple d’une transaction-franco-allemande réussie, je pense spontanément au rapprochement ODDO / BHF. C’est une très belle transaction », sourit-elle.
Aujourd’hui, trois ans après la fusion, « Oddo est devenu complètement bi-culturel. Les équipes sont franco-allemandes dans tous les métiers. C’est un vrai enrichissement. Philippe Oddo lui-même passe au moins 3 jours par semaine en Allemagne », note Sandrine Richard.
60% du capital d’ODDO BHF sont détenus par la famille Oddo. « Une part significative, près de 30% du capital, est détenue par les salariés. Cette part devrait progressivement croître en Allemagne où l’actionnariat salariés est en train de se développer. Aujourd’hui, environ 25% des salariés allemands participent au capital. En France, cette part s’élève à près de 70% », précise Sandrine Richard.
ODDO BHF est aujourd’hui un établissement unique dans un contexte très encourageant.
La France et l’Allemagne sont l’un pour l’autre des investisseurs importants, et ce depuis de nombreuses années. « Les deux marchés des fusions-acquisitions sont en croissance. Les deux pays bénéficient de ce regain de dynamisme. Issus des rapprochements, les groupes franco-allemands deviennent des acteurs majeurs au niveau européen. Ainsi, en reprenant Opel, PSA est redevenu un acteur majeur en Europe. C’est également le cas pour Korian qui avait repris Casa Reha pour devenir leader européen des maisons de retraite... La France et l’Allemagne représentent ensemble 60% de la capitalisation boursière en Europe. En fusionnant, les acteurs français et allemands prennent une dimension incontournable, comme l’a fait SEB avec WMF. En rachetant cette entreprise allemande, SEB est devenu le premier groupe électroménager au niveau européen. Ces dernières années ont été riches en acquisitions stratégiques franco-allemandes. La production industrielle et la pharma / santé sont les deux secteurs qui priment. Dans le domaine des infrastructures, les secteurs qui attirent en Allemagne sont les réseaux autoroutiers et la fibre optique. Les fonds infra non allemands investissent volontiers en Allemagne. Le dynamisme est là et il est encouragé », conclut Sandrine Richard.
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