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Marie-Laure Bruneel rejoint Goodwin début 2017 pour créer sa practice tax

Entretien avec Marie-Laure Bruneel,
Partner, Goodwin

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Marie-Laure Bruneel commence sa carrière le 1er janvier 2000, à l’âge de 21 ans, en tant qu’avocat fiscaliste au sein d’Andersen Legal, à l’époque référence en matière de fiscalité. Elle rejoint ensuite le bureau de Paris de Freshfields où elle travaille pendant 4 ans, jusqu’en 2005, date à laquelle elle intègre De Pardieu Brocas Maffei. Ce cabinet reconstruit alors son équipe fiscale, au sein de laquelle Marie-Laure Bruneel est cooptée Associé en 2011. « J’ai eu envie de m’investir dans une équipe plus restreinte pour avoir un parcours plus personnalisé », commente notre interlocutrice. Elle reste chez De Pardieu Brocas Maffei pendant 12 ans puis intègre Goodwin en janvier 2017 afin de participer à l’ouverture du bureau de Paris et de créer sa practice tax. « Dans une carrière, c’est une occasion rare qu’il ne faut pas laisser passer », estime Marie-Laure Bruneel qui a ainsi pu travailler « dans des cabinets très différents, en relevant à chaque fois de nouveaux défis ».
Goodwin est un cabinet américain fondé en 1912 et basé à Boston. Le cabinet a ouvert son bureau de Paris il y a un an, le 1er juillet 2016. Il a été rejoint par plusieurs équipes bien reconnues chacune dans son domaine d’expertise. « Pour ce qui est du M&A / Private Equity et de la Structuration de Fonds, le cabinet a accueilli des équipes issues de SJ Berwin. En Financement, il s’agit d’une équipe provenant de Shearman & Sterling », précise l’Associé.
En termes de positionnement, le bureau de Paris est à l’image de Goodwin worldwide : un cabinet très orienté mid market, notamment dans le domaine du Private Equity (au sens large), avec une pratique très transactionnelle. « Goodwin a souhaité construire une offre complète pour accompagner ses clients sur ce type d’opérations, incluant donc les expertises nécessaires en M&A, en Fiscalité, en Financement et en Structuration de Fonds », développe notre interlocutrice.
A terme, le bureau parisien de Goodwin « ne s’interdit pas de développer une pratique Real Estate, l’une des grandes forces du cabinet aux Etats-Unis, ainsi qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne », ajoute-t-elle.
Cependant, il n’a pas pour objectif de grossir de manière démesurée. « Notre taille nous convient. L’objectif est d’avoir des équipes resserrées, efficaces ».
Quant à la taille des deals sur lequel le cabinet intervient, « le positionnement est clairement mid market, même si certaines des dernières opérations en date relèvent plutôt du large cap. Le cabinet ne sélectionne en effet pas ses interventions en fonction de la taille des transactions. Ce que nous entendons par mid market, c’est plus une façon de travailler, avec une grande implication des associés et une forte réactivité. A mon sens, ce sont là les principales caractéristiques de l’approche mid market, plus que le montant des deals », estime Marie-Laure Bruneel. Selon elle, le montant des opérations mid cap se situe traditionnellement entre 50 et 500 millions d’euros, mais en réalité la fourchette n’est pas aussi figée.
Parmi les opérations récentes sur lesquelles Goodwin est intervenu, on peut citer notamment la cession de Cerba Healthcare à PSP et Partners Group. Cet actif était détenu depuis 2010 par PAI Partners. Fondé en 1967, Cerba Healthcare est le leader français dans les activités de biologie de spécialités, de biologie de proximité (cabinets d’analyse médicale) et de biologie d'essais cliniques, avec 4.200 salariés et 300 laboratoires. « Nous avons également conseillé les cédants du groupe Direct Medica dans le cadre de sa vente à Webhelp, ainsi que le fonds d’investissement KKR à l’occasion d’une prise de participation dans le capital de l’éditeur de logiciels Ivalua », note notre interlocutrice.
Aujourd’hui, Goodwin Paris compte une quarantaine d’avocats dont 10 associés. Au niveau mondial, le cabinet compte plus de 900 avocats.
« Goodwin a une politique d’ouverture de bureaux très sélective. Outre les Etats-Unis, le cabinet dispose de bureaux à Hong Kong, Londres, Francfort et Paris. Nous sommes amenés à travailler avec chacun de ces bureaux, dans le cadre d’opérations transnationales ou multinationales. De plus en plus de clients américains s’intéressent au marché européen, ce qui explique notamment la décision du cabinet d’avoir des relais internalisés en Europe. Nous avons également beaucoup de contacts avec le bureau de Londres, notamment pour tout ce qui concerne la Structuration de Fonds, par nature très internationale », commente Marie-Laure Bruneel.
« Le réseau de Goodwin fonctionne de manière intégrée. Notre cabinet a une vraie culture de collaboration. Nous sommes constamment encouragés à rencontrer et à avoir des échanges, même informels, avec nos collègues des autres practices et des autres bureaux et cela facilite grandement la relation de travail », explique l’Associé.
Le cabinet compte beaucoup de fonds d’investissement parmi ses clients. Goodwin peut en effet les accompagner tant pour leur structuration interne que pour la réalisation de leurs investissements. « Cependant, nous n’intervenons pas systématiquement côté fonds. Dans les opérations de M&A, Goodwin représente aussi régulièrement les fondateurs / managers. Côté Financement, la clientèle du cabinet se compose de banques, d’institutionnels et de fonds de dette privés », précise notre interlocutrice. Selon elle, « cette capacité à représenter tous les intervenants d’une opération donne une vraie crédibilité aux équipes ».
Quant au fait d’être une femme dans ce métier et aux difficultés qui peuvent y être liées, Marie-Laure Bruneel n’y prête pas attention.
« J’ai toujours considéré que c’était un « non-élément ». Cela peut paraître surprenant mais je crois que le fait d’être une femme n’a pas eu d’incidence sur ma carrière. Il est vrai que ce métier reste encore très masculin mais il est aussi difficile pour les hommes que pour les femmes. Chacun d’entre nous doit se poser des questions pour savoir si l’équilibre qu’il ou elle peut trouver entre sa vie privée et sa vie professionnelle lui convient. Je n’ai jamais eu l’impression que le fait d’être une femme m’ait handicapé ou, au contraire, aidé », estime Marie-Laure Bruneel, mère d’un petit garçon né en 2011, l’année où elle fut cooptée Associé.
Lorsqu’elle intègre Goodwin, où le sujet de l’égalité Homme / Femme est important, Marie-Laure Bruneel comprend que ce cabinet est en avance par rapport à ses confrères européens. Les études réalisées sur ce sujet lui paraissent très intéressantes. « C’est en regardant ces travaux que je réalise qu’il y a encore des discriminations, même si je ne les perçois pas (ou si j’ai l’impression qu’elles ne m’affectent pas). Mon expérience n’est probablement pas représentative de ce que toutes les femmes dans ce métier peuvent ressentir », suppose notre interlocutrice.
En travaillant beaucoup, elle n’a pas l’impression de sacrifier sa vie privée. « Le métier d’avocat offre un peu de liberté sur l’emploi de temps. Je suis satisfaite de l’équilibre que j’ai pu trouver. J’arrive à passer du temps avec ma famille et j’essaie de m’organiser au mieux pour préserver ces moments, même si cela n’est pas toujours facile », sourit-elle.
Pour donner aux jeunes femmes l’envie d’exercer ce métier, « il faut qu’elles puissent échanger avec des personnes plus avancées dans leur carrière. Si vous souhaitez faire ce métier mais que vous avez peur du rythme ou d’autre chose, le mieux c’est de parler aux personnes qui l’exercent pour connaître leur ressenti », estime notre interlocutrice.
Au sein du cabinet Goodwin, il y a des échanges de cette nature, des groupes de réflexion entre femmes notamment où les participantes parlent librement de leurs expériences et de ce qui en ressort. « C’est la meilleure façon de travailler sur ce sujet afin de permettre aux jeunes d’avoir une vision pertinente de ce qui les attend… Ces échanges sont en quelque sorte intimes. Par conséquent, ils ont plus de chances de porter leurs fruits car il y a un vrai dialogue entre la personne qui partage son expérience et celles qui souhaitent en bénéficier. C’est différent d’une présentation magistrale et impersonnelle devant 50 personnes », indique Marie-Laure Bruneel.
« Nous devons plus généralement partager notre expérience avec les autres femmes, les informer, les guider, les rassurer... Idéalement, cet échange doit pouvoir intervenir dès le stade des études, lorsque les jeunes choisissent l’orientation leur carrière », estime l’Associé. « Pour ma part, j’ai embrassé cette profession sans jamais avoir eu de vrais échanges avec des avocats fiscalistes », déplore-t-elle.
Marie-Laure Bruneel a découvert le droit dans le cadre de l’enseignement HEC. « Je me suis orientée vers la fiscalité car c’est la branche du droit la plus économico-financière... L’orientation n’est pas facile pour les jeunes car ils ne connaissent les métiers que sur le papier et n’ont pas forcément une idée précise de ce que cela implique... Comme beaucoup d’autres, j’ai découvert les choses au fur et à mesure. J’ai eu beaucoup de chance car ce métier me plaît et je ne regrette absolument pas de l’avoir choisi », confie Marie-Laure Bruneel.
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