Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

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Les investissements directs étrangers en Pologne

Ambassade de France en Pologne – Service économique régional

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La France occupe une place de premier choix sur le marché polonais puisqu’elle se classe parmi les tout premiers investisseurs en termes de stock, juste derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. En pratique, compte tenu du rôle de simples plateformes joué par les Pays-Bas (et le Luxembourg) pour les investissements directs étrangers (IDE), la France se situe sans doute de facto au second rang des investisseurs étrangers en Pologne, et ce pour des montants très proches de ceux accumulés par l’Allemagne.
Sur la période récente, les flux d’investissements directs français en Pologne, qui prennent désormais principalement la forme de financements intra-groupes et de réinvestissements de bénéfices, restent très positifs : de 900 millions d’euros en 2010, ils ont doublé en 2011, avec 2 milliards d’euros. En 2012, dans le contexte d’une forte baisse des IDE totaux enregistrés par la Pologne (- 68 %), la France a néanmoins enregistré un net gonflement de ses flux d’investissements dans ce pays, qui ont atteint au total 3,1 milliards d’euros, en hausse de 72 %.

Les flux d’investissements français en Pologne se sont distingués en 2012 dans un contexte de forte diminution des flux globaux d’IDE vers la Pologne

Les flux d’investissements directs étrangers vers la Pologne se sont, d’après la Banque centrale (NBP), fortement infléchis en 2012. Ils ne se sont élevés, en termes nets, qu’à 4,7 milliards d’euros (contre 14,8 milliards en 2011), en baisse de près de 68 % en glissement annuel. Cette forte contraction est essentiellement due à la diminution des flux d’IDE en transit ou symétriques, généralement utilisés par les grands groupes étrangers déjà présents sur le marché polonais et qui souhaitent investir sur les autres marchés d’Europe centrale et orientale. En excluant ces «capitaux en transit », la baisse des flux d’IDE ne serait en revanche que de 30 %.
Parmi les principaux investisseurs étrangers en Pologne en 2012 en termes de flux, trois pays se distinguent : l’Allemagne (flux nets de 3,5 milliards d’euros contre 3,8 milliards en 2011), la France (3,1 milliards contre 2 milliards en 2011) et la Grande-Bretagne (0,8 milliard contre 0,5 milliard en 2011). On observe, dans le même temps, des flux négatifs pour les deux pays généralement considérés comme des plates-formes financières pour les opérations des grands groupes : les Pays-Bas (- 1,7 milliards d’euros) et le Luxembourg (- 3,2 milliards).
Pour ce qui concerne plus particulièrement les flux d’investissements directs français en Pologne, on relèvera qu’ils sont stimulés par l’activité de sociétés françaises déjà présentes dans ce pays. Le solde des crédits à long terme accordés aux filiales polonaises est excédentaire de 2,5 milliards d’euros et représente environ 80 % du total du flux d’IDE en provenance de France (+  78 % par rapport à 2011). Par ailleurs, le montant des bénéfices réinvestis a été une nouvelle fois positif, quoique en nette diminution par rapport à 2011 (-  36 %) : 424 millions d’euros en 2012 contre 660 millions en 2011. Enfin, le solde des fonds propres des entreprises françaises (qui correspond notamment à des rachats d’actions, augmentations de capitaux, investissements greenfield…), après avoir été légèrement négatif en 2011 (58 millions d’euros), a de nouveau été excédentaire en 2012, à hauteur de 169 millions.

La France apparaît en termes de stocks comme l’un des trois principaux investisseurs étrangers en Pologne

Sur les dix dernières années (2002-2012), le stock d’IDE en Pologne a presque quadruplé, passant de 46 milliards d’euros en 2002 à 178,3 milliards fin 2012. Les IDE en Pologne sont réalisés pour l’essentiel dans l’industrie (31,6 % du total du stock d’IDE à fin 2012), le segment « finance et assurance » (24,3  %), le commerce de détail et de gros (14,1 %).
Fin 2012, la France était, en termes de stock et d’après les données de la Banque nationale de Pologne, le troisième investisseur étranger dans ce pays. Elle y détenait un montant total de près de 22 milliards d’euros de flux cumulés, ce qui la situait juste derrière l’Allemagne (montant de 26,9 milliards d’euros) et les Pays-Bas (26,3 milliards).
On rappellera cependant que certains investissements d’origine française sont réalisés en Pologne via des canaux financiers non originaires de France, notamment néerlandais et luxembourgeois. Ceci peut expliquer les différences d’appréciation parfois rencontrées au sujet de la place qu’occupe réellement la France dans les IDE en Pologne. Le stock d’IDE d’entreprises à capitaux français est sans doute, dans ces conditions, sensiblement plus élevé. En prenant en compte ce biais statistique, la France se trouve dès lors sans aucun doute derrière l’Allemagne, mais probablement aussi devant les Pays-Bas.


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