Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

DOSSIERS

Le marché des fusions-acquisitions au plus haut en 2017

par Jean-Claude Rivalland, Associé M&A, Allen & Overy Paris


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La dernière publication trimestrielle du rapport «M&A Insights » du cabinet Allen & Overy fait la démonstration éclatante de la solidité du marché des fusions-acquisitions sur l’ensemble de l’année 2017, et ce malgré un environnement géopolitique agité. Ainsi, bien que les opérations de très grande taille (« Megadeals ») se soient faites plus rares, le volume des transactions a connu une forte augmentation sous l’impulsion des opérations de taille moyenne.

Un marché résilient malgré un environnement politico-économique agité
Les données recensées dans notre rapport montrent que les marchés des fusions-acquisitions sont restés robustes malgré l’omniprésence des zones d’insécurité politique liées notamment au Brexit, à l’augmentation des tensions au Moyen-Orient, en Corée du Nord et à l’imprévisibilité grandissante d’un certain nombre de marchés clés tels que les États-Unis, l’Allemagne et l’Espagne notamment. En effet, 2017 s’est révélée être la deuxième année la plus performante en matière de M&A, profitant de fondamentaux économiques favorables (avec des taux d’intérêt demeurés particulièrement bas) et des acteurs dont le pouvoir d’achat s’est considérablement renforcé dans un contexte de croissance mondiale renouvelée. Tout porte à croire – bien que nul ne puisse avoir de certitude – que 2018 pourrait bien se dérouler sous les mêmes auspices.

Le nombre d’opérations a crû fortement sur le marché américain
Bien que la valeur totale des opérations de M&A aux États-Unis ait baissé fortement (- 26 %) par rapport à 2016, le marché a fortement crû en volume atteignant même un niveau record (+ 13 %). Inversement en Europe, le marché a augmenté de 34 % en valeur alors qu’il a baissé de 10 % en volume.

Les fonds ont animé les secteurs de l’énergie et des infrastructures
Avec un prix du baril qui s’est stabilisé autour de 60 $ et des acteurs stratégiques conduits à changer le mix de leur portefeuille, de nombreuses opportunités ont été créées dans le secteur de l’énergie, permettant à des fonds spécialisés de réaliser des investissements importants à des conditions jugées plus favorables. Les acteurs industriels n’ont pas non plus laissé passer certaines opportunités. Ainsi, Total est devenu le premier fabricant mondial de gaz liquéfié à la suite du rachat des actifs d’Engie. Les infrastructures continuent aussi d’attirer de nombreux capitaux de la part de fonds spécialisés, bien que les industriels ne soient pas en reste avec l’intérêt suscité par la vente de l’Espagnol Abertis que se disputent l’Allemand Hochtief et l’Italien Atlantia.

Les datas deviennent un véritable enjeu
2017 a également vu l’avènement de la data comme actif à enjeu stratégique avec une très forte augmentation des réglementations visant à en limiter l’usage et les conditions de stockage, ainsi que des régimes de sanctions de plus en plus pénalisants. Avec la prochaine entrée en vigueur du nouveau règlement dit « RGPD », l’évaluation des données personnelles et la conformité de leur traitement et de leur stockage sont devenues des éléments essentiels de l’appréciation de la fiabilité et de la valorisation des fusions-acquisitions.

Le secteur de la santé : retard à l’allumage ?
Alors qu’on avait pu prédire l’année dernière que le secteur pharmaceutique serait un des plus actifs en 2017, force est de constater que les industriels se sont finalement montrés relativement prudents. 2018 pourrait se révéler être un meilleur cru.

L’Italie, terrain de manœuvre recherché en 2017 pour les investissements étrangers
Avec des opérations phares telles que l’emblématique rachat de Luxottica par Essilor pour 24 milliards, l’Italie a connu une année record en termes d’investissements étrangers avec notamment des entreprises japonaises et chinoises omniprésentes dans des secteurs très variés, tels que la mode, les produits de luxe, l’automobile et ses dérivés ou encore le design industriel, tous domaines où la marque « Italie » est un actif essentiel. La période électorale qui s’est ouverte récemment en Italie pourrait freiner cet élan pour quelque temps.

Et pour 2018 ?
Si l’initiative européenne lancée par l’Allemagne, l’Italie et la France invitant la Commission Européenne à fixer un cadre plus protecteur pour les fleurons de l’industrie et des services en Europe ne devrait pas amoindrir l’appétit des investisseurs étrangers, il conviendra de mûrir avec soin la réalisation de certaines opérations, surtout si elles doivent s’accompagner de prises d’engagement vis-à-vis de l’Etat dont le contrôle sera renforcé. On suivra tout particulièrement le détail des mesures que vient d’annoncer le Premier Ministre en France, visant à renforcer le contrôle de l’Etat dans plusieurs domaines du numérique, notamment la protection des données personnelles et l’intelligence artificielle.
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