Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

DOSSIERS

La pression sur les acquéreurs se renforce dans le monde et pèse sur le marché des fusions-acquisitions (au 3è trimestre 2017)

par Maud Mercier-Pain,
Directrice de l’activité Global Solutions and Services,
Willis Towers Watson France




 

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Dans un contexte de turbulences politiques, le marché mondial des fusions-acquisitions (M&A) rencontre toujours des difficultés pour générer de la valeur. En effet, pour le deuxième trimestre consécutif cette année, le marché a sous-performé son indice1. Une tendance que l'on n'avait pas observée depuis 2012, selon le dernier Quarterly Deal Performance Monitor (QDPM, observatoire trimestriel des fusions-acquisitions) de Willis Towers Watson.
L'étude M&A réalisée en partenariat avec la Cass Business School, qui recense le nombre d'opérations finalisées de plus de 100 millions de dollars, ainsi que la performance du cours de l'action des acquéreurs, fait état d'une performance inférieure à celle de l'indice de 1,7 point de pourcentage au troisième trimestre 2017, et essentiellement stable (0,2 point de moins que l'indice) sur les quatre derniers trimestres.

Plus d’obligations pour les acquéreurs
L'activité M&A au Royaume-Uni et en Europe poursuit sa dynamique positive, mais cette activité n’est pas un reflet de la tendance mondiale. À plus grande échelle, on constate une pression de plus en plus forte sur les acquéreurs, notamment pour les opérations transfrontalières ou de grande envergure.
Les incertitudes politiques, la montée du protectionnisme et les règlementations antitrust ont probablement eu un impact sensible sur le volume d'opérations en 2017 et la chute des performances dans le monde. L'exemple le plus récent de ce durcissement des règles de concurrence est le document publié par le UK Takeover Panel (organisme chargé de réglementer les opérations de fusion-acquisition au Royaume-Uni), qui recommande d’accroître les obligations des acheteurs, en exigeant notamment des soumissionnaires qu’ils fournissent des informations plus détaillées à un stade plus précoce de la procédure, et qu’ils fassent preuve de plus de transparence sur les conditions réelles offertes une fois la fusion concrétisée. Ces recommandations ne font que formaliser publiquement ce que de nombreux grands acquéreurs considèrent déjà comme des pratiques exemplaires.
Ces pressions accentuent encore les difficultés à réussir une opération de fusion-acquisition et créer de la valeur.

Quel résultat en Europe, en Amérique du Nord et en Asie Pacifique ?
Les acquéreurs européens se sont une fois de plus démarqués au cours d'un trimestre plutôt difficile par ailleurs, affichant une surperformance de 6,8 points de pourcentage par rapport à l'indice, contre +4,3 pp au trimestre précédent.
En Amérique du Nord, les acquéreurs ont sous-performé l'indice de 3 points de pourcentage au troisième trimestre 2017, tandis qu'en Asie-Pacifique, les sociétés impliquées dans des transactions M&A ont sous-performé à hauteur de 12,1 points, un plus bas historique pour la région.
Sur trois ans et avec 20,7 points de pourcentage de plus que leur indice régional, les acquéreurs d'Asie-Pacifique demeurent cependant en tête de peloton grâce à la régularité de leurs performances. Ils sont suivis par leurs homologues européens et nord-américains qui ont surperformé leur indice régional sur la même période de 5,9 points et 1,1 point respectivement.
Après un démarrage plutôt lent dans la première moitié de l'année, le nombre d'opérations menées à terme dans le monde au troisième trimestre s'établit actuellement à 1782  (soit 612 depuis le début de l'année), l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique affichant un net recul par rapport aux années précédentes. On note également un déclin marqué du nombre de mégatransactions (dont la valeur excède 10 milliards de dollars), qui se sont élevées à seulement trois sur le deuxième trimestre (neuf depuis le début de l'année). Sur le plan sectoriel, les résultats de 2017 nous apprennent que tous les secteurs ont sous-performé leur indice respectif, à l'exception des biens de consommation courante, de l'énergie et de l'électricité, de l'industrie et des télécommunications.
On note que malgré un deuxième trimestre consécutif de baisse et les perspectives d'un renforcement de l'interventionnisme dans le secteur des fusions-acquisitions au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde, les acquéreurs ont continué de dégager des performances nettement supérieures à celles de leurs indices nationaux, tout en affichant des rendements solides sur les opérations finalisées, ce qui indique que les fusions-acquisitions, lorsqu’elles sont bien exécutées, peuvent apporter une réelle valeur ajoutée. La performance moyenne sur trois ans des acquéreurs mondiaux demeure solide (5,4 points de pourcentage au-dessus de l'indice) et l'abondance de capital alliée au faible coût du crédit pourrait se traduire par une nouvelle vague de transactions d'ici la fin de l'année 2017.

1 Sauf indication contraire, l'indice MSCI World est l'indice utilisé par défaut.
2 L'étude QDPM du troisième trimestre 2017 recense les opérations conclues entre le 1er juillet et le 15 septembre 2017. Nous estimons que le chiffre actuel de 178 transactions devrait augmenter d'ici la fin du trimestre.


 
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