Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

DOSSIERS

L’année 2014 vue par les banquiers d’affaires (2/2)

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Charles Bédier, Partner & Head of M&A Advisory, Deloitte France et Marc Sabaté, Partner & Head of M&A Advisory, In Extenso Finance & Transmission :
« Au travers des diverses activités exercées par UBS en France, et en particulier via le filtre du conseil en M&A, nous avons observé des dynamiques bien différentes sur les deux parties de l’année 2014.  La première partie de l’année, et globalement quasiment tout le premier semestre, a connu un très bon niveau d’activité, sur la lancée de la très bonne fin d’année 2013 et portée par un environnement de marchés, tant actions que taux, particulièrement propice. L’été a cependant marqué le pas et un certain tassement des volumes a été constaté par la suite, en lien avec la hausse de la volatilité des marchés actions, la détérioration des conditions économique, et une certaine défiance des investisseurs sur la situation française.
Durant cette période les opérations d’envergure  et structurantes d’un point de vue industriel se sont accélérées. Même si la fusion Omnicom/Publicis a été abandonnée, le marché français a vu une reprise très nette de l’activité M&A avec l’annonce de l’opération entre Alstom et GE ainsi que l’acquisition de SFR par Numericable ou encore l’annonce de la fusion entre Holcim et Lafarge, deux opérations dans lesquelles UBS est intervenue.
Aux côtés de ces méga deals, les entreprises françaises ont poursuivi leurs opérations d’acquisitions ciblées, généralement à l’étranger, pour compléter des portefeuilles d’actifs ; citons dans ce cas, l’acquisition de Kenwood par Pernod Ricard aux États-Unis pour laquelle UBS a conseillé Pernod Ricard.
Au-delà du conseil en M&A, l’activité d’investment bank d’UBS auprès de ses clients français a pleinement bénéficié d’un environnement  de marchés favorable pour des opérations de dettes structurées ou non, (par exemple l’opération d’hybride d’Accor ou encore l’émission d’un 12 ans par Casino ou le retour sur le marché suisse de Total) et de levées de fonds sur les marchés actions au travers d’IPOs, en France ou à l’étranger, ou de cessions de blocs.
L’année 2015 devrait se poursuivre sur cette lancée de la consolidation, et être portée par plusieurs facteurs dont un environnement de taux bas et un accès important aux marchés obligataires. Elle devrait également voir se poursuivre une activité soutenue en deals «cross-border», en particulier avec des acquisitions de cibles françaises par des groupes étrangers, américains ou asiatiques le plus souvent, telles les opérations en cours sur le Club Med ou encore les Hotels du Louvre. Nous travaillons d’ores et déjà avec nos clients sur des dossiers s’inscrivant pleinement dans ce contexte. »
 



Jérôme Peltier, Head of UBS Investment Banking – France :
« Au travers des diverses activités exercées par UBS en France, et en particulier via le filtre du conseil en M&A, nous avons observé des dynamiques bien différentes sur les deux parties de l’année 2014.  La première partie de l’année, et globalement quasiment tout le premier semestre, a connu un très bon niveau d’activité, sur la lancée de la très bonne fin d’année 2013 et portée par un environnement de marchés, tant actions que taux, particulièrement propice. L’été a cependant marqué le pas et un certain tassement des volumes a été constaté par la suite, en lien avec la hausse de la volatilité des marchés actions, la détérioration des conditions économique, et une certaine défiance des investisseurs sur la situation française.
Durant cette période les opérations d’envergure  et structurantes d’un point de vue industriel se sont accélérées. Même si la fusion Omnicom/Publicis a été abandonnée, le marché français a vu une reprise très nette de l’activité M&A avec l’annonce de l’opération entre Alstom et GE ainsi que l’acquisition de SFR par Numericable ou encore l’annonce de la fusion entre Holcim et Lafarge, deux opérations dans lesquelles UBS est intervenue.
Aux côtés de ces méga deals, les entreprises françaises ont poursuivi leurs opérations d’acquisitions ciblées, généralement à l’étranger, pour compléter des portefeuilles d’actifs ; citons dans ce cas, l’acquisition de Kenwood par Pernod Ricard aux États-Unis pour laquelle UBS a conseillé Pernod Ricard.
Au-delà du conseil en M&A, l’activité d’investment bank d’UBS auprès de ses clients français a pleinement bénéficié d’un environnement  de marchés favorable pour des opérations de dettes structurées ou non, (par exemple l’opération d’hybride d’Accor ou encore l’émission d’un 12 ans par Casino ou le retour sur le marché suisse de Total) et de levées de fonds sur les marchés actions au travers d’IPOs, en France ou à l’étranger, ou de cessions de blocs.
L’année 2015 devrait se poursuivre sur cette lancée de la consolidation, et être portée par plusieurs facteurs dont un environnement de taux bas et un accès important aux marchés obligataires. Elle devrait également voir se poursuivre une activité soutenue en deals «cross-border», en particulier avec des acquisitions de cibles françaises par des groupes étrangers, américains ou asiatiques le plus souvent, telles les opérations en cours sur le Club Med ou encore les Hotels du Louvre. Nous travaillons d’ores et déjà avec nos clients sur des dossiers s’inscrivant pleinement dans ce contexte. »
 



Virginie Lazès, directrice associée chez Bryan, Garnier & Co 
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« En 2014, Bryan Garnier a réalisé une dizaine d’opérations de fusions-acquisitions, dont 90 % étaient des opérations cross-border (France/Europe ou France/États-Unis), essentiellement dans le secteur des Technologies Media Telecom. Une fois de plus, Bryan Garnier se positionne comme l’un des leaders les plus actifs dans le marché des TMT, capable d’apporter la meilleure des solutions de liquidité à ses clients dans un marché mondial.
Les opérations de Bryan Garnier se sont réalisées dans tous les segments du TMT : le software (Fircosoft, Systar Taliance, Cameleon,), les SSII (Airial, Ausy), les médias (WIldBunch, Locatel), le digital (lesnumeriques.com ; demanderjustice.com).
Trois opérations ont été réalisées sur des sociétés cotées : Systar, Cameleon, Senator/WildBunch, illustrant le savoir-faire de la banque sur des problématiques de « public M&A » et d’offres publiques en France et en Europe.
Pour 2015, le pipe est déjà bien rempli, portant à nouveau sur de belles sociétés technologiques françaises, cotées ou non, pour lesquelles les meilleures solutions capitalistiques seront identifiées et concrétisées par Bryan Garnier (LBO, cession aux États-Unis, cession en Europe, cession en Inde, ou bien en Chine).
L’année 2014 a été la plus active sur les marchés européens depuis 2006, avec 29 IPO en France levant 4,3 milliards d’euros, dont 19 sur Euronext et 10 sur Alternext. Bryan Garnier a été un acteur majeur dans cette dynamique de marché positive, dirigeant 5 IPO et 10 augmentations de capital sur la période, levant au total plus de 600 millions d’euros pour ses clients.
Bryan Garnier s’est notamment distingué par la direction de 4 IPOs (soit 20 % de part de marché) sur Euronext, dont l’IPO de 32 millions d’euros pour le spécialiste du stockage de l’hydrogène McPhy Energy, opération récompensée par le prix EnterNext de l’introduction en Bourse de l’année 2014, ou encore une levée de 100 millions d’euros pour le producteur d’énergie renouvelable Voltalia.
Au cours du second semestre, période marquée par un ralentissement du nombre d’introductions sur Euronext, Bryan Garnier a pu pleinement exploiter sa plateforme internationale et notamment nord-américaine pour rechercher des investisseurs moins averses au risque pour ses clients européens : Bryan Garnier était ainsi co-chef de file aux côté de CitiGroup et Leering Swan sur l’IPO de 133 millions de dollars pour DBV, spécialiste européen des traitements pour l’allergie à la cacahouète, ou encore seul chef de file sur un  placement secondaire de 30 millions d’euros principalement placé auprès d’investisseurs américains pour Erytech Pharma, dont nous avions dirigé l’IPO un an plus tôt.
Dans un souci d’accompagnement des boîtes de croissance dans leurs besoins de financements multiples, Bryan Garnier a également été très actif sur les placements privés, réalisant notamment la plus importante levée de fonds privée de l’année, apportant à Mérieux Nutriscience 100 millions d’euros levés auprès de trois family office dont Sofina.
Après une seconde moitié d’année relativement attentiste, notamment en France, nous anticipons une année 2015 toujours très dynamique, mais plus sélective sur les marchés. En effet, si les investisseurs seront plus regardants sur le profil des candidats au marché et sur les niveaux de valorisation, compte tenu des performances contrastées des IPO de H12014, les flux de capitaux disponibles sur le marché n’ont été que partiellement entamés par les retraits de fonds du quatrième trimestre (environ 1/3 des influx des 12 mois précédents selon nos estimations). Les resources restent donc importantes pour les investissements en Equity, notamment en période de taux plus bas historiques, et par ailleurs toujours portées par des mesures structurelles en France telles que le PEA-PME. Le nombre de projets d’IPO en préparation pour 2015 reste d’ailleurs supérieur à celui de fin 2013, qu’il s’agisse d’acteurs établis tels que Spie, Europcar ou Elis, ou de sociétés plus jeunes à fort potentiel de croissance, notamment dans la biotech ou les technologies. »
 


François Rispoli, managing director, Lincoln International :
« Le groupe Lincoln poursuit son fort développement et compte désormais plus de 350 banquiers après l’ouverture d’un nouveau bureau à Zurich cet été. Lincoln International dispose aujourd’hui de 16 bureaux dans le monde et couvre directement les dix premières économies mondiales et tous les pays des BRIC.
Malgré un environnement économique toujours incertain, ces derniers mois ont vu une activité record pour Lincoln International, tant en France que dans les autres bureaux du groupe, avec 130 opérations conseillées en 2014.
Avec 17 transactions sur l’année, l’équipe française a contribué au succès du groupe avec notamment plusieurs landmark deals comme l’accompagnement de Sarenza pour la plus importante levée de fonds de l’année dans le e-commerce en France, des actionnaires de Maesa pour le montage de leur OBO avec Edmond de Rothschild Investment Partners et Tikehau, des actionnaires d’Eurocamp pour la cession à Homair Vacances, et de Sun Capital pour la cession de Manoir Aerospace à Lisi. Nous avons également conseillé le groupe Suez Environnement (Degrémont Technologies) pour deux acquisitions importantes en Europe et en Asie-Pacifique. Pour toutes ces opérations, l’approche à la fois internationale et sectorielle des problématiques de nos clients a permis d’aboutir à des conditions et des valorisations attractives pour nos clients. Notre équipe pan-européenne de conseil en financements est également une pièce maîtresse dans ces opérations. La capacité d’accès à tous les types de financements nationaux et internationaux disponibles est ainsi souvent critique dans les process et en elle-même porteuse de solutions attractives pour nos clients.
Nous sommes à cet égard convaincus que pour faire aboutir les projets de nos clients dans les mois qui viennent, il faudra être capable de mettre à leur service des ressources expertes ayant à la fois un reach global et un ancrage local, à l’image de nombreuses opérations conseillées par Lincoln au cours de l’année. »
 



Patrick Maurel, président de Leonardo & Co :
« 2014 a été un bon cru pour Leonardo & Co, tant en nombre d’opérations – nous en avons réalisé une trentaine -, que par leur nature très diversifiée. Notre stratégie consiste à être positionné pour l’essentiel à la vente sur des opérations de toute taille. Par ailleurs, nous conseillons différentes typologies d’acteurs que ce soient les fonds de Private Equity (opérations Safic Alcan, DGF, IMV Technologies par exemple) ou les Corporate (tels Safran, TDF, Constellium), avec lesquels nous avons réalisé cette année des opérations sur des tailles allant de 30 millions à 500 millions d’euros en France comme à l’international (opérations cross-border Corialis, Risanamento, Trace TV, Vistaprint).
Au-delà de l’activité M&A pure, notre activité Conseil en financement continue à se développer via du conseil en structuration d’opérations, telles que Léon de Bruxelles ou Emeraude, ou à travers des opérations de restructuring, la dernière en date étant Alma.
En droite ligne de notre stratégie, ce que nous voulons et aimons faire, c’est conseiller nos clients sur le mid-market (jusqu’à 1 milliard d’euros) avec toutes les typologies d’acteurs, en gardant la même crédibilité.
Du fait de la conjoncture, le métier du M&A reste difficile. Cependant, il reste des liquidités à investir et je suis convaincu que notre métier va continuer à bénéficier des mutations technologiques ou des arbitrages géographiques en cours. Les enjeux de la mondialisation créent en effet un monde en mouvement perpétuel, où les changements sont de plus en plus rapides, ce qui engendre par construction des opérations de M&A.
Le M&A a donc de beaux jours devant lui et nous espérons bien y participer activement ! »
 



Tarique Shakir-Khalil, Head of PwC Corporate Finance, France :
« Pour la troisième année consécutive, PwC Corporate Finance maintient le rythme d’au moins deux transactions réalisées par mois en France pour une valeur globale de 2.4 milliards d’euros en 2014.  Au niveau mondial, PwC Corporate Finance a clôturé plus de 350 opérations en 2014 pour une valeur globale de plus de 40 milliards de dollars, un niveau très comparable à celui enregistré en 2013 et qui place PwC en tête des league tables smidcap au niveau mondial (source : Dealogic à la date de rédaction, soit le 18 décembre 2014).  Ainsi, PwC reste sur une moyenne d’environ une opération réalisée tous les jours depuis dix ans dans le monde.
Plusieurs facteurs ont impacté le marché M&A français en 2014.  Malgré quelques opérations spectaculaires à l’instar de l’opération GE/Alstom ou Lafarge/Holcim, la France a encore du mal à se montrer attractive vis-à-vis des investisseurs étrangers.  Ceci pousse les sociétés françaises et les fonds de private equity à rechercher une exposition plus internationale et par conséquent à poursuivre leur quête de croissance ou de build-ups au-delà de l’hexagone. 
Autre facteur important, le marché smidcap français bénéficie d’une disponibilité croissante de produits de dette non bancaire.  Ceci compense la moindre disponibilité de dette à long terme bancaire (> 5 ans) et l’appétit d’investisseurs institutionnels pour ces produits de dette reste fort dans un environnement de taux d’intérêt bas. Ainsi, les entreprises diversifient aujourd’hui leurs sources de financement vers des acteurs non bancaires, bénéficiant d’un panel plus large de produits adaptés à leurs besoins, mais rendant plus complexe le processus de levée.  La part de marché des financements désintermédiés de haut de bilan des ETI françaises non cotées est passée de 15 % à 25 % en moins de trois ans.  Répondant à la demande des entreprises, PwC poursuit le développement de ses équipes locales et internationales dans le conseil en financement. La modification du code des assurances à l’été 2013 en France et les contraintes des banques devraient accélérer ce processus de désintermédiation sur les trois prochaines années pour représenter une part de marché potentielle de 40 %. Ce n’est donc pas l’absence de dette qui empêchera le marché M&A de reprendre des couleurs à l’avenir. 
Le volume d’activité M&A smidcap reste néanmoins modeste à l’égard du niveau d’avant la crise, bien qu’en progression par rapport à une année 2013 qui a été fortement impactée par l’environnement économique et fiscal particulièrement incertain. 
Si PwC a su tirer son épingle du jeu en 2014, c’est en grande partie grâce à notre capacité à identifier des acquéreurs industriels ; en effet, 21 parmi les 25 opérations conseillées en 2014 par l’équipe française de PwC Corporate Finance ont été effectuées avec un acquéreur stratégique. 
Notre réseau international s’est également montré être un vrai atout avec 15 opérations transfrontalières réalisées impliquant une société étrangère dans des pays aussi divers que l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Algérie, l’Autriche, la Belgique, la Chine, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la Norvège, le Royaume-Uni, la Turquie, la Pologne et la Suisse. 
Pour 2015, nous considérons que le M&A demeurera un instrument de croissance et de diversification pertinent pour les corporates dans un contexte de croissance économique faible.  Le secteur du private equity continuera à évoluer ; les fonds d’investissement ayant démontré au cours des dernières années la robustesse de leur modèle dans un contexte économique difficile réussiront à séduire les investisseurs dans le cadre de nouvelles levées de fonds.  L’assainissement par les fonds d’investissement de leurs portefeuilles pour ce qui concerne les investissements réalisés avant la crise sera un enjeu important dans ce contexte. »
 



Thierry d’Argent, responsable mondial Corporate Finance, Société Générale Corporate & Investment Banking et Hubert Preschez, responsable Corporate Finance France, Société Générale Corporate & Investment Banking :
 
Le dispositif Corporate Finance de SG CIB : Société Générale Corporate & Investment Banking (SG CIB) offre à ses clients une gamme complète de services financiers  intégrée et globale. Au cœur de ce dispositif, le métier de conseil en M&A est stratégique. Bénéficiant d’une expertise sectorielle et d’une plateforme européenne, les équipes M&A délivrent leurs conseils au travers d’un dialogue stratégique avec les clients afin de les accompagner jusque dans leurs opérations les plus structurantes.
Les équipes M&A sont logées au sein du département Corporate Finance, qui regroupe également les activités primaires actions et le financement des opérations stratégiques. « Ce modèle d’organisation très intégré nous permet de mieux répondre aux attentes de nos clients, tant en matière de conseil que de levée de capitaux et de financements » précise Thierry d’Argent, responsable mondial Corporate Finance, SG CIB.
2014 a été une année très active, en particulier en France. Jusqu’en 2013, les grands groupes industriels et de services de tout secteur étaient encore dans une logique de sortie de crise, et dans ce cadre, ont procédé à la poursuite d’opérations de rationalisation de leur portefeuille soutenues essentiellement par une logique financière.
En 2014, il est vrai que les conditions financières, à savoir une liquidité importante et un coût de financement bas, ont été favorables à la réalisation de grandes opérations. Mais ce n’est pas le seul driver de la bonne dynamique M&A de cette année.
« Dès la fin 2013, les sous-jacents des opérations ont évolué pour répondre à une logique d’efficacité industrielle ou économique forte. Cette tendance s’est pleinement confirmée en 2014 avec le retour des opérations stratégiques structurantes », explique Thierry d’Argent.
La création de la co-entreprise Airbus Safran Launchers en est un très bon exemple. Airbus Group et Safran, conseillé par SG CIB, ont annoncé le regroupement de leurs activités respectives dans les lanceurs spatiaux, au sein d’une même structure. « Par cette collaboration, ces deux groupes, partenaires industriels d’Arianespace, confirment leur volonté d’accroître leur compétitivité », précise Hubert Preschez.
Au cours de cette année, les activités M&A et ECM ont enregistré une activité très soutenue. Ainsi, SG CIB est intervenu sur de nombreuses opérations cross-border via sa plateforme européenne, « Au-delà de la France, la banque est en effet un acteur de référence pour son activité de conseil en M&A auprès des clients établis à l’étranger », confirme Thierry d’Argent. SG CIB a ainsi accompagné plusieurs groupes étrangers depuis le début de l’année, notamment en Espagne, en Allemagne et en Suisse. « Nos rôles de conseil, notamment auprès de Merck pour l’acquisition de Sigma Aldrich ou Holcim pour son rapprochement avec Lafarge, témoignent du renforcement de la franchise outre-Rhin de la banque », témoigne Hubert Preschez.
Le volume d’activité embarqué pour 2015 est bien supérieur à l’an dernier à la même période et ceci pour deux raisons principales, selon Thierry d’Argent.
Tout d’abord, dans un environnement macro-économique peu porteur, les entreprises sont plus que jamais à la recherche de croissance. Développer les synergies, augmenter les marges, etc. sont devenus des enjeux de taille. « En réponse à ces problématiques, les entreprises sont prêtes à envisager des opérations stratégiques pour gagner en efficacité économique ou industrielle », commente Thierry d’Argent.
Le deuxième élément concerne le marché Action qui intervient en soutien aux entreprises dans leurs opérations stratégiques. Dans un contexte de taux bas, les acteurs ont une préférence marquée pour un investissement en actions, notamment sur des actifs productifs plutôt que sur des placements obligataires à rendement faible. Même comportement du côté des actionnaires qui optent pour le réinvestissement plutôt que le retour de cash. Globalement, investisseurs comme actionnaires sont donc prêts à déployer les ressources nécessaires pour supporter les groupes dans leurs opérations stratégiques, créant ainsi un cercle vertueux.
L’activité reste très dynamique dans presque tous les secteurs, preuve qu’il s’agit bien d’une tendance de fond qui devrait se poursuivre l’an prochain.
Parmi d’autres, le secteur des télécoms a été particulièrement actif cette année, et il n’est pas exclu que ceci se prolonge dans les années à venir. Les rachats de SFR (SG CIB conseil de Vivendi) par Numericable et de Telecom Portugal par Altice ont été des opérations emblématiques.
Le secteur de la Défense est également à citer parmi les secteurs les plus dynamiques de l’année, comme en témoigne le rapprochement de Safran, conseillé par SG CIB, avec Airbus Groupe, annoncé récemment. Qu’il s’agisse de rapprochement ou d’ajustements de frontières d’activités, ce type d’opérations d’envergure devraient continuer à animer le marché l’an prochain.
 



Philippe Croppi, Laurent Camilli, Philippe Guézenec et Thomas Gaucher, associés gérants d’Easton Corporate Finance :
«Pour ce qui concerne Easton Corporate Finance, l’année 2014 se caractérise par une forte croissance, marquée à nouveau par de nombreuses opérations avec les industriels (que nous avons pu conseiller ou qui ont été acheteurs de sociétés pour lesquelles nous étions mandatés à la vente), même si nous avons conservé une présence active auprès des fonds.
2014 a permis également de confirmer la volonté des groupes industriels de mettre en œuvre des stratégies de croissance ambitieuses pour s’adapter à leur environnement.
Notre pays s’est enfoncé dans une crise financière puis économique profonde depuis 2008. Cette crise initialement mondiale est désormais plus spécifiquement européenne et affecte particulièrement l’état des finances de notre pays et de ses acteurs industriels. Notre environnement macro-économique ne fait qu’aggraver la situation déjà difficile d’un grand nombre de secteurs, impactés par une concurrence internationale, une chute de la consommation, la faiblesse du niveau des investissements et une dépense publique alourdissant chaque jour la pression sur les ménages français et  nos entreprises. La santé des entreprises française évolue au gré de la faiblesse de leurs marchés et de leur incapacité, pour nombre d’entre elles, à aller chercher à l’étranger des relais de croissance.
Dans cet environnement économique et financier, les acteurs français qui progressent sont ceux qui ont compris que le salut ne viendra pas d’un retour soudain à une croissance nationale forte  mais d’une capacité d’adaptation à un environnement qui change à vitesse accélérée. Ils ont modifié leur stratégie pour envisager des alliances dont le rationnel repose sur un projet industriel volontariste, en unissant des forces complémentaires pour renforcer leur capacité à préparer l’avenir dans une conjoncture nationale défavorable.
Les banques d’affaires ont dans cet environnement un rôle important à jouer en préconisant à leurs clients des rapprochements susceptibles de conduire à l’émergence de champions nationaux et européens de demain.
Nous avons ainsi, au cours des dernières semaines, contribué à la réalisation de 3 rapprochements illustrant parfaitement cette stratégie des industriels qui cherchent à se structurer pour s’adapter à leur nouvel environnement et en ressortir mieux armés. Par exemple, conseillé par Easton, le groupe Homair, leader européen de l’hôtellerie de plein air, a réalisé un mouvement stratégique ambitieux en acquérant le groupe anglais Eurocamp qui lui permet désormais de prétendre à une place de leader européen avec une base de clients forte en France, au Royaume Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans un secteur où la capacité de distribution au client final, notamment par voie digitale, est un facteur clé de succès, cette opération procure à Homair un avantage compétitif majeur.
Apporter des idées originales à nos clients et les aider à bâtir l’avenir : Dans un tout autre secteur, les actionnaires familiaux du groupe français de négoce de matériaux de construction SAMSE (1 200 millions d’euros de CA) ont décidé de se rapprocher du groupe irlandais CRH (18 000 millions d’euros de CA) qui pourra en prendre le contrôle à partir de 2018. Farouchement attachés à leur indépendance et à la culture familiale forte marquée par l’intéressement de ses salariés, les actionnaires de Samse ont néanmoins préféré assurer la pérennité de leur groupe (avec une période de transition) en l’adossant à un actionnaire puissant et connu (CRH était actionnaire minoritaire de Samse depuis 1996) : l’état actuel plus que préoccupant du marché de la construction mais aussi, paradoxalement, ses perspectives de long terme très favorables ont convaincu les actionnaires et dirigeants de Samse de renforcer ses moyens pour solidifier ses positions et pouvoir bénéficier à terme du rebond de ses marchés : la complémentarité des portefeuilles d’activités et des réseaux de distribution, le meilleur maillage du territoire et le pouvoir accru de négociation des achats sont autant d’éléments qui justifient ce rapprochement industriel dans lequel Easton a conseillé CRH, renforçant ainsi la position concurrentielle de ce nouvel acteur majeur du marché français. Au bénéfice de ses salariés et de ses actionnaires.
Enfin, dans le monde de l’agroalimentaire, la filière volaille française est depuis plus de quinze ans en grande souffrance du fait de l’atomisation des acteurs nationaux, mais surtout des importations massives de volailles provenant d’Allemagne et de Pologne pour les produits frais ou d’Amérique du Sud pour les produits surgelés.Les difficultés des groupes comme Doux, Tilly Sabco sont ainsi des témoins de l’infortune de la filière largement détenue par des familles aux moyens limités. L’opération récemment annoncée d’un partenariat stratégique entre le groupe LDC connu pour ses marques Le Gaulois ou Loué et le groupe Sofiproteol, acteur majeur des produits oléagineux avec son pôle alimentation animale, est un acte structurant vers la reconquête du marché national actuellement contrôlé à 42 % par les produits importés. Cette opération à laquelle Easton a contribué est en cours d’analyse par l’Autorité de la concurrence et devrait permettre un recul sensible des importations dans notre pays, voire un accroissement des exportations françaises des produits de qualité. Avec un tel partenariat entre un groupe familial coté de plus de 3 milliards d’euros de CA ayant choisi clairement le segment des produits de qualité et Sofiproteol (CA de 7 milliards d’euros), acteur industriel au statut original (avec un capital largement détenu par les agriculteurs), la filière volaillère française se trouve renforcée face à des acteurs européens tels que Plukon, B Matthews ou Vion, qui ont depuis longtemps pris la mesure de la nécessaire organisation de l’industrie agroalimentaire européenne du poulet et de la dinde.Dans des environnements de marché et des logiques industrielles très différents, ces trois rapprochements vont permettre à leurs acteurs d’appréhender l’avenir avec plus de sérénité, en se structurant pour bénéficier à terme de la dynamique de leurs marchés et poursuivre un développement international. Nous sommes convaincus que des rapprochements de cette nature vont se multiplier et nous y contribuerons en jouant notre rôle de fabricant d’idées et de solutions. L’ensemble des parties concernées (actionnaires, dirigeants et salariés) prennent progressivement conscience que  le statu quo n’est définitivement plus la meilleure des solutions pour préparer l’avenir. Les critères d’indépendance et de repli sur son marché doivent être abandonnés au profit de stratégies offensives d’ouverture, de rapprochement et de conquête sur des territoires bénéficiant de meilleures perspectives de croissance.
Nous y travaillons tous les jours avec nos clients et réalisons combien les positions évoluent, les barrières tombent et les réflexions s’élargissent.
C’est précisément notre rôle, chez Easton, que d’apporter des idées originales à nos clients et les aider à bâtir l’avenir. C’est ce à quoi nous employons quotidiennement toute notre énergie. »
 
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