Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

DOSSIERS

L’année 2014 vue par les banquiers d’affaires (1/2)

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Thierry Varène, Chairman de Corporate Clients Advisory and Financing, BNP Paribas Corporate and Institutional Banking, membre du Comité exécutif du groupe BNP Paribas :

« L’année 2014 a été marquée par une reprise du marché des fusions-acquisitions, notamment en Europe. Il s’agit d’une reprise progressive qui devrait selon nous se poursuivre en 2015. Dans l’environnement actuel de taux bas, des opérations de consolidation ou présentant des perspectives de synergies de coûts ont du sens mais à condition qu’elles se réalisent sur la base de valorisations raisonnables. En termes de secteurs, l’énergie, les télécommunications, le manufacturing ont été très actifs en 2014, et cette tendance devrait se poursuivre. »
 


Alban de La Sablière, Managing Director, Morgan Stanley :
« Les coûts de financement historiquement bas, la bonne tenue des cours de Bourse et la bien moindre volatilité macro-économique ont créé un environnement porteur pour envisager de nouvelles opérations ou réaliser des opérations qui ne pouvaient se concrétiser dans un contexte plus difficile. L’année a été marquée par trois opérations de taille très importante : SFR/Numericable, Alstom Power/General Electric et Lafarge/Holcim. Bien que très différentes, elles ont en commun le fait d’être ambitieuses, de présenter une forte logique industrielle et de consolider un secteur de manière significative. Cela résume assez bien les dynamiques qui portent le marché du large M&A. Beaucoup d’autres d’opérations répondent à des logiques similaires, par exemple, le partenariat PSA/Dong Feng, le rapprochement Steria/Sopra ou la fusion Medica/Korian. L’autre tendance notable est une reprise des acquisitions à l’international, en particulier en direction du marché américain. »
 



Xavier Bindel, J.P.Morgan, Head of Mergers and Acquisitions France :
« Le marché français des fusions-acquisitions est en pleine reprise. Après quelques années difficiles et une reprise amorcée en 2013, le volume des transactions réalisées en France en 2014 est en nette augmentation, soutenu par plusieurs opérations stratégiques, industrielles et transformantes. J.P. Morgan est intervenu sur un bon nombre d’entre elles, en particulier le rachat de SFR par Numericable, l’acquisition par Telefonica de GVT, la vente éventuelle de Jazztel à Orange, la vente de Diana à Symrise ou la sortie de Metrovacesa de Gecina.
Le marché actions très porteur et l’attractivité des différentes sources de financement ont largement contribué à ce regain d’appétit pour les opérations d’envergure et ont encouragé les prises de décision. À noter aussi que les cours de bourse ont généralement bien réagi à ces acquisitions.
L’année 2014 a également été marquée par une grande variété d’opérations réalisées : transactions exclusivement françaises ou internationales, acquisitions, cessions, et tout cela dans une multitude de secteurs d’activité. »
 



Jérôme Calvet, CEO de Banque Nomura France et Head of Investment Banking France :
« L’année 2014 a été marquée en France par un retour des opérations de fusions-acquisitions visibles et de taille importante (SFR, Lafarge-Holcim, Club Med, CGG...), soutenu par des conditions de marché et de financement favorables. Sur l’année, la dynamique des opérations sur des cibles cotées (OPA) a été beaucoup plus forte que sur le non-coté. Ces opérations sont menées pour la plupart par des acteurs stratégiques solides financièrement et disposant de liquidités importantes qui profitent des valorisations basses des cibles.
Sur le marché du LBO, l’année est restée active avec un marché du financement disponible ; on peut citer comme exemple une opération comme Sebia où Astorg et Montagu ont été conseillés par Nomura. Les fonds ont également continué à travailler sur la performance opérationnelle de leurs sociétés en portefeuille et à l’amendement de leurs structures de dette d’acquisition, en vue d’une sortie future comme, par exemple, Elior où Nomura est intervenue dans le refinancement.
En Europe, malgré l’arrêt des introductions en Bourse comme Aena en Espagne ou Spie en France et le retour d’une certaine volatilité sur les marchés, le marché des fusions-acquisitions a été dynamique, en témoigne l’annonce encore récente du projet de rachat de l’assureur britannique Friends Life par Aviva pour plus de 7 milliards d’euros.
Certains secteurs sont perçus par les investisseurs comme propices à des mouvements de consolidation comme les télécoms, l’énergie, la santé ou encore les médias et devraient alimenter le marché des fusions-acquisitions durant les prochains mois. »
 



Stéphane Courbon, responsable des activités banque d’affaires sur la France, BAML 
:
« L’année 2014 a été une année remarquable pour Bank of America Merrill Lynch. Nous avons, en effet été conseil de 6 des 10 plus grosses opérations de l’année et de beaucoup d’autres opérations comme  la cession des activités Énergie de Alstom à General Electric, l’acquisition de Invensys par Schneider, l’acquisition de Jazztel par Orange, de SFR par Altice/Numericable, la fusion Lafarge Holcim (pour l’actionnaire Eurocement), l’acquisition de CST par PAI et Carlyle ou encore de Sapient par Publicis. Nous avons également assuré la défense de Hermès.
Ceci démontre la qualité des relations que nous avons développées ces dernières années avec un grand nombre de sociétés françaises. Notre stratégie est clairement de construire des relations de long terme avec nos clients afin d’installer une confiance réciproque nous permettant de les accompagner dans leur développement. Cet engagement de long terme est important car il nous permet de facilement conseiller à un client de ne pas faire une opération si nous pensons que ce n’est pas le bon moment, le bon prix ou la bonne cible. Nous avons ainsi travaillé plusieurs années avec certains clients et exploré de nombreuses pistes avant d’être en mesure d’annoncer une opération.
À la lecture de la liste des opérations de l’année, il est clair que les opérations dites « cross boarder » prennent une part de plus en plus importante. Notre présence internationale prend ici tout son sens et nous permet d’accompagner nos clients dans n’importe quel pays du monde. Il est intéressant de noter que sur la plupart de ces opérations « cross boarder » nous sommes  intervenus côté français, notre équipe parisienne étant donc au centre de l’origination et de l’exécution de ces opérations.
Nous sommes également capables de structurer des opérations complexes pour répondre à une problématique donnée, les exemples des opérations Alstom/GE en tant que conseil d’Alstom ou Peugeot/État français/Dongfeng pour laquelle nous avons conseillé l’État en sont une bonne illustration. »
 



Andrea Bozzi, Head of M&A Italy, France and Spain, Credit Suisse :
« En raison de la vigueur des marchés financiers, le premier semestre de l’année 2014 marque le retour des grandes transactions dans les secteurs où la consolidation était attendue (télécoms, matériaux de construction...). En conséquence, et en dépit de conditions de marchés de capitaux légèrement moins favorables, un certain nombre de mouvements stratégiques est désormais à nouveau envisageable. Malgré cet environnement mondial propice aux fusions-acquisitions, un certain nombre de potentielles opérations prennent plus de temps ou sont abandonnées en raison d’un écart de prix qui reste important entre les acquéreurs et les vendeurs. »
 


Catherine Soubie, Head of France & Belux, Barclays Investment Bank 
:
« L’année 2014 a confirmé le fort rebond amorcé au second semestre 2013 sur le marché des fusions-acquisitions. En particulier, l’Europe a enregistré un 1er semestre 2014 exceptionnel avec les volumes de transactions les plus élevés observés sur un semestre depuis 2007, même si la seconde moitié de l’année a été un peu moins active. Le marché français s’est montré particulièrement dynamique, soutenu par plusieurs opérations stratégiques industrielles d’envergure, et a ainsi représenté plus de 20 % du montant des transactions en Europe, un niveau inégalé depuis plus de 7 ans.
 La conjonction de taux d’intérêt historiquement bas, de conditions de financement, bancaire ou obligataire, très attractives, de structures de bilans assainies, du besoin de consolidation de certains secteurs et de recherche de relais de croissance organique a favorisé le dynamisme du marché des fusions-acquisitions. Dans ce contexte, on a ainsi vu le retour des grandes opérations transfrontalières, mais aussi des mouvements de consolidation domestique, dans les télécoms par exemple.
 Barclays s’est montré particulièrement actif en intervenant sur plusieurs transactions majeures durant l’année 2014 : l’acquisition de SFR (17 milliards d’euros) par Altice/Numericable, la cession par Vinci du leader européen du stationnement Vinci Park (2,0 milliards d’euros) ou encore l’offre publique d’acquisition de SIIC de Paris par Eurosic (1,5 milliard d’euros), pour n’en citer que quelques-unes.
Barclays s’est aussi distingué dans le secteur des institutions financières avec des opérations complexes finalisées cette année comme la cession de 50 % de Newedge par Crédit Agricole SA à la Société Générale en échange d’une participation de 5 % dans Amundi, ou la cession de Dexia Asset Management – devenu Candriam – à New York Life IM. Malgré les évolutions règlementaires et les différents processus d’évaluation menés par les régulateurs (AQR, stress tests, etc.), les principaux acteurs continuent de rechercher des acquisitions à l’international pour améliorer leur potentiel de croissance : Barclays a ainsi accompagné AXA dans la mise en place de son partenariat avec mBank, l’une des principales banques en Pologne.
Malgré la volatilité des marchés equity, en particulier au 2e semestre, Barclays a été également très actif sur le marché Actions avec les introductions en Bourse d’Elior et Worldline sur la place de Paris, mais également sur le segment des augmentations de capital, obligations convertibles ou blocs (Numéricable, Unibail-Rodamco, Alcatel, Eurosic, Eutelsat…).
Les opérations actuellement à l’étude sur lesquelles les équipes de Barclays travaillent aujourd’hui nous laissent raisonnablement optimistes pour l’activité de l’année 2015 à venir même si le retour de la volatilité peut amener à temporairement différer certains projets. »
 



Stéphane Bensoussan, Responsable M&A EMEA, HSBC :
« L’année 2014 restera marquée par le retour d’opérations de consolidation de très grande ampleur. Les grands groupes industriels cherchent à renforcer leurs positions au travers de fusions au sein du même secteur, comme le rapprochement entre Holcim (que conseille HSBC) et Lafarge. On peut également noter le dynamisme des groupes américains, tel GE et son partenariat avec Alstom (dont le conseil d’administration a été conseillé par HSBC). Enfin, le secteur des télécommunications est en effervescence, tant sur le plan français qu’européen. Sur des volumes moindres, on peut également noter un accroissement significatif des investissements d’Asie, et en particulier de Chine, vers la France, un angle de développement naturel pour HSBC. Ce dynamisme du marché du M&A s’est accompagné d’une grande année pour les introductions en bourse, avec le retour d’opérations de grande taille comme celle d’Elior (HSBC coordinateur global).
L’abondance de liquidités et les taux historiquement bas sont toujours là et les dynamiques observées en 2014 devraient se poursuivre en 2015, si l’on retrouve un peu de stabilité sur les marchés boursiers et du pétrole. »
 



Yoel
Zaoui, Zaoui & Co :
« L’année 2014 a vu le retour des grandes opérations en France. C’est un contexte favorable pour Zaoui & Co, société dédiée au conseil en fusions-acquisitions et qui s’appuie sur une expérience importante en opérations de taille. »
 



Julien Fabre et Emmanuel Hasbanian, Co-Heads of France Investment Banking Coverage & Advisory, Deutsche Bank :
« L’année 2014 a été marquée par une forte augmentation des volumes M&A en France et en Europe, en dépit d’un nombre de transactions en légère baisse. La résurgence de méga deals a été soutenue par des conditions de financement exceptionnelles. Bien qu’en Europe la croissance économique soit toujours en berne, l’abondance de liquidités, portée par la politique accommodante des banques centrales, a permis aux entreprises de bénéficier pleinement des marchés de capitaux pour réaliser leurs opérations stratégiques. Les secteurs des télécoms, de l’industrie, de la pharmacie et de l’énergie ont cette année encore été les plus actifs au niveau mondial. Les trois premiers ont même concentré 17 des 20 principaux deals européens en 2014. Les institutions financières, davantage focalisées sur les stress tests et le comprehensive assessment de la BCE, ont logiquement été plus timides cette année. En France, Deutsche Bank est intervenue sur la plupart des opérations marquantes de l’année, et notamment SFR/Altice, Schneider/Invensys, Alstom/General Electric, Klépierre/Corio, GVT (Vivendi) Bostik (Arkema), Total Coal South Africa (Total) et Louvre Hotels. Notre position de leader incontesté sur les introductions en bourse – puisque nous avons dirigé les 10 dernières IPO de sociétés françaises de taille en 2013 et 2014 – nous donne un avantage unique pour évaluer finement les alternatives disponibles lors d’un processus M&A. L’année 2015 sera naturellement dépendante des nouvelles sur le front de la macro-économie, mais si les conditions de financement restent excellentes et les marchés boursiers porteurs, l’activité M&A devrait se maintenir à un niveau élevé. »
 
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