Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

DOSSIERS

« La finance au féminin »

Entretien avec Mariam Menni et Leila Khayatei, Associées,
GOOD FOUNDERS


Mariam Menni et Leila Khayatei
crédit photo : Valery Wallace

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Un parcours « classique », une carrière toute tracée. Après une école de commerce de Toulouse, Mariam Menni rejoint le groupe BPCE où elle démarre au plus bas et gravit les échelons. Cependant, elle se rend vite compte que son plan de carrière est « assez limité » et quitte le confort d’un grand groupe.
Après avoir travaillé pendant dix ans au sein de la banque d’affaires du groupe BPCE (groupe Caisse d’Epargne) en région Midi-Pyrénées, Mariam Menni décide prendre son indépendance. Alors jeune mère de Famille, elle rejoint le cabinet Good Founders en 2014.
Cette structure de conseil doit sa naissance à la rencontre de trois professionnels : Mariam Menni, Leila Khayatei (ex EY) et Mohamed Gadi (Ex Directeur des investissements chez  M Capital Partners).
« Notre équipe cultive une expertise multisectorielle et maitrise l’écosystème financier. Chaque transaction bénéficie de l’engagement et de l’expérience nécessaires pour maximiser les intérêts de ses clients : comprendre l’entreprise et ses atouts, capitaliser sur notre connaissance de son écosystème, construire un argumentaire de négociation, définir le montage le plus approprié, gérer la confidentialité, identifier puis approcher les investisseurs ou acquéreurs potentiels et stimuler la concurrence...  Dans de nombreux cas, l’équipe dirigeante a des pré-requis bien définis (pas d’investisseurs au capital par exemple). Dans ce cas, nous travaillons toutes les solutions de financement alternatives : émission obligataire, dette bancaire, structuration immobilière. A contrario, certains chefs d’entreprises sont à la recherche de partenaires financiers spécialisés dans leur secteur d’activité », soulignent nos deux interlocutrices.
Les associés de Good Founders sont fortement impliqués dans toutes les étapes de l’opération afin d’apporter à nos clients un service sur-mesure et un haut niveau de séniorité » admet Leila Khayatei.
Cette approche permet à Good Founders de porter en amont le bon diagnostic sur la faisabilité d’un projet : savoir convaincre un client que les conditions ne sont pas réunies pour atteindre ses objectifs ou, à l’inverse, que le moment est opportun, c’est une approche qui inspire la confiance et maximise les chances de succès.
« A ce jour, Good Founders a conduit avec succès ses transactions à travers ses bureaux toulousain et parisien ». « Nous réalisons 50% de notre activité en Ile-de-France, 25% dans le sud-ouest et 25% dans le sud-est. Nous avons levé plus 90M€ sur les trois dernières années », précise Leila Khayatei, jeune trentenaire issue du monde du conseil et de la transaction chez EY et qui a pris le virage de l’entreprenariat il y a 2 ans.
Issue d’une famille d’entrepreneurs, elle songe à créer une société. « Alors que je travaillais pour EY, j’ai toujours eu envie de voler de mes propres ailes au service des PME et ETI », admet Leila Khayatei, qui a grandi au Maroc qu’elle a quitté à l’âge de 18 ans pour poursuivre ses études en France.
Ainsi, Good Founders a récemment conseillé Groupe Faubourg, leader français de la carrosserie mais aussi place de marché de pièces détachées et éditeurs de logiciels de la gestion de flottes automobiles lors d’une opération d’OBO sponsorless. Cette opération a permis à Groupe Faubourg de recomposer son actionnariat autour de son dirigeant à l’occasion de la sortie des fonds gérés par Développement & Partenariat, Siparex Proximité Innovation et M Capital. Ainsi, Groupe Faubourg a pu renouer avec un actionnariat de dirigeants.
« En effet, les clients nous ont dit : qui de mieux que vous pour nous accompagner ; vous êtes hybrides, soit entrepreneurs et financiers » précise Mariam Menni. « Lorsque les clients nous poussent à prendre l’indépendance, on commence de façon très fluide à écrire une nouvelle histoire », sourit-t-elle.
Aujourd’hui, cela semble évident : « Entreprendre est très épanouissant car il faut toujours avoir un temps d’avance, être créatif, se remettre constamment en question et avoir la capacité de prendre du recul, accepter que les choses n’avancent pas toujours comme on le souhaite ».
« Dans tous les cas, nous devons accepter de travailler car nous ne disposons par de ressources illimitées comme dans les grandes entreprises », ajoute Mariam Menni. Pour elle, le soutien familial est très important. « J’ai une super famille », reprend notre interlocutrice. Elle est persuadée que sa famille nombreuse lui a appris le vrai sens d’organisation.
« C’était un vrai travail d’équipe, une vraie organisation, avec une bonne répartition des tâches…  Cette organisation m’a donné l’esprit d’autonomie », explique cette ancienne sportive qui a fait pendant 14 ans la gymnastique de compétition, discipline qui nécessite beaucoup de rigueur et de déplacements. Pour elle, c’est important de se retrouver avec sa famille. « Pendant ces temps d’arrêt, on ne parle plus de la finance, des business cases, des classements… Cela permet de voir les choses avec beaucoup de recul.
« Lorsqu'on entreprend, c’est aussi un vrai jeu d’équipe … Pouvoir se reposer sur ses partenaires est essentiel », estime Mariam Menni.
Quant à son statut de femme dans un secteur encore très « masculin », Mariam dit n’avoir « jamais été victime de sexisme ».
Son statut de femme ? Elle le vit plutôt comme un avantage : « Beaucoup de femmes ont ce côté intuitif qui nous permet de vite percevoir les choses… Avec nos clients, chefs d’entreprise, le fait d’être une femme ne gêne en rien. Au contraire, cela rend la relation plus familiale, plus douce qu’entre hommes ».
Quant à Leila, en travaillant chez EY, elle confie n’avoir « jamais ressenti de différence de traitement entre les hommes et les femmes. C’est un cabinet qui innove sans cesse pour la parité ».
Malgré toutes les difficultés, « les femmes sont de plus en plus nombreuses dans nos secteurs d’activités », estime Mariam Menni.
Selon elle, le fait d’être une femme peut s’avérer comme un atout dans une négociation : « Lorsqu’une femme intervient, les choses difficiles peuvent être assimilées avec plus de douceur. Venant d’une femme, certains comportements ne sont pas considérés comme une attaque mais plutôt comme une discussion, un échange ».
« Dans une équipe, la présence de femmes et d’hommes est complémentaire. D’une façon générale, « nous souhaitons montrer que les femmes ont une capacité de réussite équivalente à celle des hommes, même dans un milieu ultra-masculin », conclut Leila Khayatei, mère de deux enfants.
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