Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

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« Deutsche Bank se bat pour conseiller des clients, pas pour annoncer des deals »

Entretien avec Emmanuel Hasbanian et Julien Fabre,
co-responsables de CIB pour la France, Deutsche Bank

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Deutsche Bank a annoncé en octobre 2015 la création de CIB (Corporate & Investment Banking), l’entité combinant les activités de banque d’affaires, de banque commerciale et de banque transactionnelle.
Dans le cadre de cette réorganisation décidée pour mieux accompagner les clients dans leurs projets, Deutsche Bank a réalisé plusieurs recrutements dont ceux de trois banquiers connus sur la place :
Jeff Urwin a rejoint Deutsche Bank en juin 2015 en provenance de JP Morgan. Il est aujourd’hui membre du Directoire et responsable de CIB au niveau mondial.
Alasdair Warren est Head of CIB Europe depuis mai 2016 (en provenance de Goldman Sachs).
En mai 2016, Thomas Piquemal a été nommé responsable de l’ensemble des opérations de fusions-acquisitions monde, Chairman Corporate and Investment Banking France.
Ce recrutement est précieux car il permet à l’établissement d’avoir dans ses ressources un professionnel ayant une expérience du côté prestataire de services et du côté client sur l’ensemble de produits.
La promotion de Julien Fabre et Emmanuel Hasbanian en tant que co-responsables de CIB pour la France en mai 2016 s’inscrit également dans cette stratégie.
Historiquement, Emmanuel Hasbanian et Julien Fabre, qui ont plus de vingt ans d’expérience en fusions-acquisitions, étaient senior bankers chez Merrill Lynch puis chez Deutsche Bank, avant de prendre en 2013 la responsabilité de IBC&A (Investment Banking Coverage & Advisory) regroupant le M&A, l’ECM et le financement LBO. Puis, les deux banquiers d’affaires sont devenus co-responsables Corporate Finance au sein de Deutsche Bank. Le Corporate Finance regroupe alors ces trois activités ainsi que les départements CBC (Corporate Banking Coverage) et DCM. « Plus récemment, nous avons pris la responsabilité du nouveau département CIB qui regroupe tout ce qui précède ainsi que l’activité de Global Transaction Banking (cash management, trade finance et securities services). Tous les produits et services offerts aux clients corporates de Deutsche Bank sont désormais intégrés au sein de CIB», explique Emmanuel Hasbanian.
Un des principaux piliers de la réorganisation a été la séparation claire et nette des activités markets et des activités CIB « pour des raisons de lisibilité et de transparence, dans un souci de simplification ».
« La constitution de CIB permet de servir au mieux nos clients et leur apporter des solutions quelque soit leur problème », souligne Emmanuel Hasbanian.
Aujourd’hui, les clients sont de plus en plus exigeants et les transactions sont de plus en plus complexes et nécessitent un savoir-faire très large. La création de CIB permet de s’assurer que toutes les compétences soient parfaitement coordonnées pour servir le client », insiste-t-il.
Au sein de Deutsche Bank, le M&A n’est pas un produit. « Le M&A est au cœur des réflexions stratégiques. C’est un métier à part, exclusivement porté par le conseil. Nous sommes là pour accompagner nos clients, les écouter, comprendre leurs problématiques et apporter des solutions. Le M&A est le centre névralgique de cette relation », commente le banquier d’affaires.
Les départements M&A et ECM travaillent en interaction au sein de CIB.
« Nous avons deux directeurs M&A, Cyril Niboyet et Adnan Pasovic, qui ont également une très grande compétence en equity capital markets et en financements. Nous avons dirigé 15 des 17 dernières IPO de sociétés françaises. Cyril et Adnan ont eu un rôle clé dans la plupart de ces opérations… Nous avons une équipe qui intervient aussi bien sur les opérations de M&A que sur les opérations ECM et le financement leveragé », précise Emmanuel Hasbanian.
Selon Julien Fabre, « cette intégration est très efficace du point de vue gestion d’équipe et permet de défendre au mieux les intérêts des clients » qui sont aujourd’hui « de plus en plus professionnels ».
« Lorsqu’un client recrute une banque globale comme la nôtre, l’avantage que nous avons par rapport à une boutique c’est notre capacité à explorer au mieux, sans biais, l’ensemble des solutions. Sur la plupart des IPO que Deutsche Bank a récemment menées, il y avait différentes options (IPO, cession en M&A ou recapitalisation). Beaucoup de sociétés ont tenté en parallèle un processus de M&A », explique Julien Fabre.
« Aujourd’hui, on parle beaucoup du développement des boutiques de M&A. Nous pensons être complémentaires », ajoute-t-il.
« Nous sommes une banque leader internationale en France, capable d’exécuter au mieux l’ensemble des produits. Lorsque les clients se tournent vers Deutsche Bank, ils savent qu’ils trouveront de bonnes compétences en exécution de deals M&A, de deals ECM et de financements leveragés », souligne Julien Fabre.
« Cette intégration est importante non seulement pour le client mais aussi pour le banquier M&A. Lorsque nous conseillons le groupe canadien Linamar qui lance une offre publique sur Montupet, nous pouvons donner une vision plus fine de la réaction des investisseurs. La compétence des marchés est très importante. De plus en plus, dans les deals M&A, nous avons besoin de ces compétences connexes. L’intégration parfaite entre nos différents départements nous permet d’arriver vers le client avec la meilleure information possible. Nous savons exactement quelles sont les implications et les critères à prendre en compte tant en financement qu’en equity capital markets. Nous travaillons en parfaite symbiose avec les autres départements. Lorsqu’il s’agit de mettre les bons chiffres dans les modèles et de rentrer dans les détails, on va plus loin que la plupart de nos concurrents », assure Emmanuel Hasbanian.
« Aujourd’hui, les structures de capital de la plupart des sociétés sont complexes. Il y a beaucoup d’instruments financiers en circulation. Nous avons tous les experts pour calculer de manière extrêmement fine la valorisation de ces instruments. Nous allons chercher l’expertise dont nous avons besoin de manière chirurgicale car nous avons la responsabilité globale de ces activités. Le client peut être absolument sûr que la confidentialité sera préservée », ajoute Emmanuel Hasbanian.
Le souhait le plus cher des co-responsables CIB France est d’accompagner leurs clients dans la durée. « Lorsque nous estimons qu’une opération de M&A n’a pas de sens, nous en parlons au client, même si cela nous fait perdre des places en parts de marché. Nous allons, certes, perdre des places dans les classements M&A mais la réelle conséquence sera de fidéliser le client… Deutsche Bank se bat pour conseiller des clients, pas pour annoncer des deals  », souligne Emmanuel Hasbanian.
« Nous n’avons aucune pression en interne sur ce critère et on ne se met pas de pression pour apparaître absolument et faire du volume », ajoute-t-il.
« Nous sommes là pour amener une énergie positive, pour aider à accomplir des projets, pour donner notre avis lorsqu’on nous le demande et faire en sorte qu’il soit le plus objectif possible », note Julien Fabre.
Aujourd’hui, Emmanuel Hasbanian et Julien Fabre supervisent environ 90 ‘front office’ en France dont 40 professionnels en corporate finance.
« Nous avons un taux de fidélisation très élevé dans nos équipes. La quasi-totalité de nos seniors et middles ont commencé analystes chez Deutsche Bank… On fidélise, on développe une culture », conclut Emmanuel Hasbanian.
Parmi les deals conseillés par Deutsche Bank en 2016, citons les opérations Oberthur / Safran I&S, Nokia / Alcatel Lucent, Linamar / Montupet, KKR / Webhelp, Central Group, Big C Vietnam, AccorHotels / Fairmont Raffles Hotels, Mirion / Canberra, sans oublier la création de Mediawan, le premier SPAC français (Special Purpose Acquisition Company), dont l’introduction en Bourse a eu lieu en avril dernier (250 millions d’euros).
Mediawan a été fondée par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse dans l’unique but d’acquérir une ou plusieurs sociétés cibles dans le domaine des médias traditionnels et digitaux ou dans le secteur du divertissement en Europe. La Société dispose d’un délai de 24 mois à compter de l’admission aux négociations de ses titres pour réaliser cette/ces acquisition(s).
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