Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

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Les professionnels français du M&A restent optimistes pour 2019

par Vincent Batlle (à gauche), Chief Operating Officer (COO), Managing Partner Financial Advisory,
et Sébastien Manelfe (à droite), Associé M&A Transaction Services, Deloitte France

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L’année 2018 a été très active en matière de fusions-acquisitions au plan mondial, se plaçant en seconde position, après 2015, des meilleurs millésimes en valeur de transactions depuis dix ans. Essentiellement porté par les méga deals1, le marché du M&A a pourtant marqué le pas au dernier trimestre 2018 avec une forte baisse en décembre (-17% en valeur et -14% en volume). Les données disponibles sur le premier trimestre 2019 semblent confirmer cette tendance avec une baisse de 15%2.
Point d’inflexion ou simple accident de parcours ? Il nous a paru intéressant d’interroger les professionnels français du M&A pour connaître leur vision de l’évolution du marché en 2019, en France et en Europe.
Parus la veille du report du Brexit en octobre 2019 et au lendemain de la revue à la baisse des perspectives de croissance mondiale par le FMI, les résultats de l’étude sont assez surprenants. Ils mettent en évidence un optimisme prudent des répondants3.
En effet, 74% des professionnels interrogés anticipent une stabilité ou une hausse des opérations M&A en volume et en valeur.
Plus du quart des répondants identifie cependant les tensions géopolitiques actuelles comme le facteur numéro un pouvant affecter l’activité M&A, plutôt négativement, signe que l’optimisme affiché par les professionnels interrogés reste fragile.
Les sujets de transformation stratégique et d’acquisition de nouvelles technologies sont les moteurs principaux attendus par les répondants dans le déclenchement d’opérations M&A en 2019, bien devant les sujets de recentrage sur les activités cœur de métier ou la diversification marché/produits.
Il est intéressant de noter que cette tendance est à l’inverse de celle observée aux Etats-Unis4, où le driver technologique semble s’essouffler au profit des motivations de diversification géographique ou d’élargissement des offres de produits ou services. Elle s’explique probablement par le fait que les entreprises américaines sont en avance sur leurs homologues françaises et européennes dans leur transformation digitale et technologique, que les prix des valeurs technologiques sont élevés.
Le risque de ralentissement de l’économie et les risques liés au contexte géopolitique actuel tendu (guerre commerciale sino-américaine, Brexit) sont cités comme les facteurs de risque principaux pouvant peser négativement sur ces anticipations qui restent optimistes.
De façon plus étonnante, les valorisations excessives et donc le risque de bulles est perçu comme relativement moins important par les répondants.
Enfin, la question du Brexit semble laisser perplexes les sondés : 30% estiment d’ailleurs qu’un « Brexit dur » aurait peu ou pas d’impact sur leur activité M&A. 26% s’attendent toutefois à une diminution du flux inbound d’opérations vers le Royaume-Uni, au profit d’opérations vers l’Europe continentale (19%).

1 Transactions d’une valeur supérieure à 1Bn$
2 Par rapport au 1Q18, en valeur d’opérations. Etude Mergermarket “Global & Regional M&A Report 1Q19”
3 Echantillon de 42 répondants issus des plus grandes entreprises françaises ou de filiales françaises d’entreprises étrangères, de banques d’affaires, cabinets d’avocats et fonds de private equity. L’échantillon a été constitué à partir de la base de contacts clients de Deloitte. Etude réalisée entre le 21 février et le 13 mars 2019
4 Etude Deloitte US – “The state of the deal: M&A trends 2019”
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