Fusions & Acquisitions, La première revue des raprochements d'entreprises

ACTUALITÉS

Le Club des Trente a couronné la meilleure opération financière de l’année le 17 mai 2018

© Sacha Heron 

De gauche à droite : Antoine Burel, Bernard Delpit, Xavier Martiré, Sophie Stabile

+ - télécharger en PDF Imprimer Envoyer l'article par e-mail
Créé en 1973, le Club des Trente, compte aujourd’hui près de 70 membres. Il rassemble des dirigeants, exerçant ou ayant exercé des fonctions financières (présidents de groupe, directeurs financiers, etc.) dans les grandes entreprises françaises. Le Prix du Club des Trente, qui va fêter en 2020 ses 20 ans d’existence, est l’une des récompenses les plus prisées des entreprises et de leurs conseils financiers et juridiques. Il prime les opérations dans deux catégories : fusions-acquisitions et financement.
Selon Antoine Burel, président du Club des Trente depuis janvier 2017, directeur financier de Legrand, « cette année, le prix est un peu particulier car il a primé deux entreprises dans la catégorie M&A, compte tenu du caractère exceptionnel des opérations ».
Cette 18ème édition de la meilleure opération financière de l’année s’était déroulée avec le soutien de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Paris Ile-de-France ainsi qu’avec le concours académique de HEC dont 4 étudiants ont préparé et présenté les dossiers de candidature aux membres du jury.
Le processus de sélection a démarré à la fin de l’année 2017. « Nous avons reçu 25 dossiers sur la partie M&A et financement », commente Sophie Stabile, présidente du Jury.
« Les étudiants HEC ont réalisé une synthèse à l’intention des membres du Club. Puis nous avons travaillé avec eux lors d’une analyse plus approfondie… De nombreuses heures de débats ont permis d’arriver à notre sélection finale. Les opérations sélectionnées devaient avoir un critère différenciant dans leur secteur », explique-t-elle.
Voici les 6 opérations sélectionnés :
  • l’acquisition de la société américaine Ready Pac Foods par Bonduelle
  • l’OPA de Safran sur Zodiac
  • l’acquisition de Pioneer Investment par Amundi
  • l’OPA d’Elis sur le britannique Berendsen
  • l’émission d’obligations convertibles non dilutives par Michelin
  • et la restructuration financière de CGG
Le premier prix a couronné l’acquisition par Elis de Berendsen qui valorise la société britannique à 2,17 milliards de livres (sans compter la dette). Selon Xavier Martiré, PDG d’Elis, « C’est une très belle opération pour Elis qui a quasiment doublé de taille grâce à cette acquisition, en passant de 1,7 milliard d’euros à 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires ».
« Elis est bien positionné en France, en Europe du Sud et en Amérique latine. Berendsen a, quant à lui, un fort positionnement au Royaume-Uni et en Europe du Nord. C’est une belle opération financière, avec un multiple raisonnable et un montant de synergies important », souligne le PDG d’Elis dont les principaux conseillers financiers dans cette opération furent Lazard, Deutsche Bank et Zaoui & Co.
« C’est une opération audacieuse pour la taille d’Elis. C’est l’histoire d’un leader français qui est en train de devenir un leader mondial. Ce prix vient récompenser le développement d’Elis depuis plus d’un siècle. Tout a commencé il y a cent trente ans avec une blanchisserie en région parisienne, à Pantin. Aujourd’hui, Elis est présent dans 28 pays, et est le n°1 dans plus de la moitié de ces pays. Durant les 10 dernières années, l’entreprise a réalisé une centaine d’acquisitions. Les fusions et acquisitions font partie de notre ADN », conclut Xavier Martiré.
« Nous avons primé cette ETI française qui a réalisé une opération structurante à l’étranger. Cette opération a un sens stratégique très fort car il y a une forte complémentarité entre la cible et l’acheteur, notamment au niveau géographique (aucune cession n’a été nécessaire pour satisfaire les autorités anti-trust). Le deuxième élément noté c’est l’opportunisme. L’acquéreur a trouvé le bon moment, avec une livre qui avait baissé et des orientations stratégiques de la cible qui n’avaient pas forcément été très bien comprises par le marché... Il s’agissait de faire une OPA non sollicitée sur une société cotée à Londres. Le Club a apprécié cet élément technique dans l’opération. Enfin, le prix payé a été tout-à-fait raisonnable, avec un multiple d’EBITDA à peine supérieur à 5 », commente Marc Gerretsen, associé au sein de PWC.
Le second prix a couronné la transaction Safran / Zodiac Aerospace finalisée en 2018, une OPA valorisant la cible à 8,7 milliards d’euros lors de laquelle Safran fut accompagné par Bank of America Merrill Lynch, Goldman Sachs, CA CIB et par Lazard. Déjà tentée en 2010, cette opération donne au nouvel ensemble une présence importante aux Etats-Unis.
Selon Hervé Helias, Directeur Général-CEO de Mazars France, « C’est une opération entre deux groupes industriels français qui crée un ensemble fort de 95.000 salariés dans le monde dont 45.000 en France. Cette opération a constitué le deuxième opérateur mondial dans son secteur, dominé par les groupes américains ».
« C’était une opération « sportive » car Safran s’y est repris à deux fois. C’était une opération compliquée car elle impliquait des familles, l’Etat, un activiste … tout ce qui fait la beauté d’une opération de croissance externe... », sourit Bernard Delpit, le CFO de Safran.
Le prix de la meilleure opération financière de l’année est un événement majeur au sein du Club des Trente car « le travail du directeur financier consiste à être le business partner de la croissance rentable et durable de son entreprise, avec deux missions emblématiques permettant d’y parvenir : la croissance externe et le financement du développement. C’est la raison d’être du Prix du Club des Trente », souligne Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d’industrie de région Paris Ile-de-France qui accueille la cérémonie.
article à la une
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation d'un cookie une fois connecté à vos identifiants, ceci vous permettant de naviguer pleinement sur notre site.