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FCC finalise l'acquisition de l'emblématique Baccarat

par Marina Guérassimova,
Fusions & Acquisitions Magazine


© Laurent Parrault pour Baccarat

Vase Louxor en cristal clair et photophore mille nuits en cristal et or, Baccarat

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La célèbre cristallerie Baccarat (500 employés), qui a réalisé en 2017 un volume d’affaires de près de 147 millions d’euros et un bénéfice net de 3,37 millions d’euros, est désormais contrôlée par la société d’investissement chinoise FCC (Fortune Fountain Capital, dirigée par Coco Chu, descendante de l’illustre calligraphe Wang Xizhi) qui débourse 164 millions d’euros dans l’opération pour reprendre cette « belle endormie », jusque-là actif non stratégique dans le portefeuille de Starwood Capital.
L’histoire de Baccarat remonte à 1764. L’entreprise de cristallerie fondée en Lorraine (Meurthe-et-Moselle) à l’époque de Louis XV faisait partie, jusqu’en 2005, de l’empire Taittinger repris avec sa filiale Société du Louvre par le groupe américain immobilier Starwood en 2005 pour 2,6 milliards d’euros. Dans la corbeille de la mariée, se trouvaient, entre autres, de nombreux hôtels, dont les célèbres hôtels de luxe parisiens Crillon et Lutetia, les Champagnes Taittinger ainsi que … Baccarat. En 2015, Starwood a revendu Louvre Hotels Group (marques Campanile, Première Classe, Kyriad, Tulip Inn, Golden Tulip et Royal Tulip) au groupe hôtelier chinois Jin Jiang. Auparavant, il avait cédé les champagnes Taittinger et les parfums Annick Goutal au groupe coréen Amore Pacific (2011), l’hôtel Crillon à Mutaib Ben Abdallah Ben Abdelaziz, membre de la famille royale saoudienne (2010), et le Martinez, situé sur la Croisette à Cannes, à une société de gestion basée au Luxembourg et contrôlée par des capitaux qatariens (2013).
Baccarat est ainsi resté l’orphelin de l’empire. En 2012, cette société cotée, toujours contrôlée par Starwood, a vu arriver dans son capital un actionnaire activiste d’origine canadienne, Allan Green, qui a acquis, via ses sociétés Consellior et Candel & Partners, près de 6% de son capital. Parallèlement, Starwood, qui commençait alors à se poser des questions sur l’avenir de Baccarat, a décidé de faire entrer au capital un partenaire afin de développer la marque. Le fonds de Barry Sternlicht attire alors Catterton qui acquiert la même année 22% de l’entreprise et devient ainsi son deuxième actionnaire, non sans bataille avec l’activiste.
Un autre fait important pour Baccarat : en 2012, Catterton fait venir une nouvelle CEO, Daniela Riccardi, une ancienne de Procter & Gamble, qui dirigeait jusqu’alors le groupe d’habillement Diesel.
Début 2016, Catterton fusionne avec L Capital – le bras armé du groupe LVMH (Bernard Arnault) dans le capital-investissement - pour former L Catterton, nouvelle entité contrôlée à 60% par les dirigeants de Catterton.
La négociation avec FCC débute fin 2016 – début 2017, le signing du deal remonte à juin 2017 et le closing vient d’intervenir. L’opération a duré un an car l’acheteur chinois avait été soumis à de nombreuses autorisations. Selon l’un des conseils l’opération, celle-ci « a pris un peu plus de temps que prévu initialement ».
Starwood et L Catterton furent conseillés par Messier Maris & Associés (avec Fady Lahame), tandis que FCC fut accompagné par la Société Générale (avec Alexandre Courbon).
Quant aux conseils juridiques, Clifford Chance a conseillé FFC avec une équipe composée de Thierry Schoen (associé), Aline Cardin (associée) et Xavier Petet (counsel) à Paris, de Fang Liu (associé) à Hong Kong ainsi que de Katia Gauzès (associée) à Luxembourg. Davis Polk & Wardell a conseillé Starwood avec Jacques Naquet Radiguet (associé) et Stéphane Daniel tandis que L Catterton Partners fut assisté par Gibson Dunn avec Bernard Grinspan et Patrick Ledoux, Associés.
L’équipe dirigeante de Baccarat était conseillée par le cabinet Scotto & Associés avec Thomas Bourdeaut (associé) et Léo Ouazana en corporate, Xavier Colard en droit fiscal.
Les conseils sont unanimes : FCC paie un bon prix pour un actif « peu liquide », dont les performances étaient jusqu’à présent sous-optimales, et apporte de belles perspectives de développement à la société.
Les enjeux pour FCC sont évidents : Baccarat est une des dernières grandes marques de luxe avec une forte notoriété. La société a une histoire de 254 ans qui remonte à Louis XV. De nombreuses personnalités historiques et des stars d’aujourd’hui aiment et respectent la marque qui perpétue un savoir-faire colossal. Baccarat fait partie des sociétés fières d’employer  un grand nombre de meilleurs ouvriers de France, avec des critères très précis en termes de savoir-faire qui est – on peut le dire – unique. Pour se développer, cette marque a besoin de davantage de capitaux. Au sein de Starwood, elle ne faisait pas partie des business cœur de métier. L’ouverture du marché asiatique et, en particulier, chinois est une perspective de développement très intéressante pour Baccarat qui est, par ailleurs, déjà bien implanté au Japon où l’entreprise affiche de bonnes performances.
Last but not least, Starwood a utilisé le nom de Baccarat pour créer un hôtel de luxe au cœur de New York, à Manhattan. Cet hôtel a été revendu à une compagnie d’assurances chinoise affiliée à Sunshine Insurance Group mais Baccarat continue à percevoir des royalties car l’hôtel porte toujours son nom. Les nouveaux propriétaires de Baccarat pourraient continuer à développer le concept d’hôtels et de bars sous marque Baccarat.
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